AGITATIONS SYNDICALES DANS LE NORD
Depuis plusieurs semaines, des luttes syndicales de grande envergure se
développent dans le Nord de notre pays :
- grève et licenciement des travailleurs à
la SNIM,
- débrayage à la COMECA,
- recours à l'exécution forcée pour
l'application d'un PV signé entre les travailleurs mauritaniens et la GNC
avec menace de grève.
En contact permanent avec les responsables
syndicaux des secteurs concernés, nous nous efforcerons de faire, au fur et
à mesure, le compte rendu le plus objectif possible du développement de ces
luttes, afin de permettre à l'opinion en général et au monde du travail en
particulier, d'en être informés.
1) A la SNIM
Le conflit est né de l'application de l'article 42 de la Convention
Collective Générale relative aux primes de salissure. Un protocole d'accord
établi à cet effet en 1980 prévoyait des taux de 21 à 72 UM/j calculés sur
la base des minima catégoriels de l'époque, en fonction des niveaux de
qualification des travailleurs. Mais, les sommes étaient si dérisoires que
la société avait consenti d'accorder le montant 72UM/jour à tout le monde,
aux grands comme aux petits salariés.
Avec la dernière augmentation des minima catégoriels, les 72UM/jour sont
portés désormais à 333 UM/jour, soit 10 000 UM/mois.
A partir de ce moment, les responsables de la SNIM se rétractent en disant
qu'ils ne sont plus prêts à appliquer le même taux pour tout le monde et les
travailleurs de la société, à Nouadhibou comme à Zouérate de répliquer pour
dire qu'il n'est plus possible de revenir en arrière, qu'il s'agit des
acquis de 25 ans qu'il faut plutôt consolider.
*A Zouérate, les premières négociations se sont soldées par un échec. Les
travailleurs ont entrepris une deuxième tentative de négociations, mais la
Direction de la société a toujours opposé une fin de non recevoir. A la date
du 22/04/05, les responsables des différentes centrales UTM, CGTM, CLTM,
UGTM et USLM s'étaient encore retrouvés en conclave pour tenter de trouver
des solutions pouvant servir de base à la recherche d'une issue de la crise.
A Nouadhibou, les mêmes tentatives de conciliation ont été engagées
par les travailleurs et la direction de la société avait promis de donner sa
réponse le 15 avril 2005.
Le 18 avril, la réponse de la direction n'étant pas parvenue, les
travailleurs ont observé un débrayage de 30mn.
Le 19 avril, 14 demandes d'explication ont été distribuées à des
travailleurs pris à la volée parmi les grévistes dont deux délégués de
personnel.
Le 20 avril, le secrétaire fédéral des mines affiliés à la CGTM, Monsieur
Mohamed Ould Cheikh est affecté en brousse pour dit-on incitation à la grève
avec obligation de quitter
Nouadhibou dans les heures qui suivent et les deux délégués de personnel
Thiam Amadou et Moussa Ould Mohamedou sont licenciés sans aucune forme de
respect des procédures réglementaires.
Le 22 avril, la direction de la société, notifie 13 autres licenciements aux
travailleurs de la SNIM à Nouadhibou parmi lesquels le secrétaire général de
la fédération de mines Mohamed Ould Cheikh. La liste des Travailleurs
licenciés est jointe en annexe. Aux dernières nouvelles cette liste ne cesse
de s'allonger ; affaire à suivre.
Le moins qu'on puisse dire est que la Direction Générale de la SNIM n'a, en
aucun moment, accepté de négocier avec les travailleurs, qu'elle a violé
délibérément les dispositions prévues à l'article 18 du livre V du code du
travail, qu'elle est en train de créer, avec son escalade à la répression,
une situation dont elle ne mesure pas assez les conséquences sociales.
2) A la COMECA (Filiale de la SNIM pour la confection des pièces
détachées)
Au mois de février 2005, les délégués de personnel de la COMECA tentent
d'introduire à la direction de cette société, une plate forme revendicative
comprenant plusieurs points parmi lesquels les indemnités de logement et de
transport.
La direction de la société refuse de recevoir les délégués et par conséquent
d'examiner leurs doléances.
La saisine est faite auprès de l'inspection du travail de Zouerate qui n'a
pas convoqué le responsable de la société.
Le 4 avril 2005, les travailleurs font un débrayage d'une heure de temps qui
est suivie à 100%.
Le 11 avril, l'inspecteur du travail adresse une convocation aux deux
parties, délégués de personnel et responsable de la société. Les
négociations ont eu lieu et se sont terminées par un désaccord. Au lieu que
l'inspecteur du travail établisse, séance tenante, un PV de
non-conciliation, conformément aux dispositions réglementaires, il leur
signifie qu'il ne leur donnera ledit PV que le 19 avril 2005.
A la date du 19 avril, l'inspecteur du travail remet effectivement le PV de
non-conciliation auquel est annexée une convocation à la médiation par le
directeur adjoint du travail, procédure tout à fait illicite pour empêcher
aux travailleurs d'engager automatiquement une grève légale.
Le 20 avril une mise à pieds de 3 jours est adressée à Monsieur Ba Abdoulaye et
les travailleurs sont allés automatiquement en grève suivie à 100%, ce qui a
entraîné une situation sociale tendue. La suite vous sera communiquée dans
notre prochaine livraison.
Il est à déplorer, au niveau cette société comme à la SNIM, le manque de
volonté des responsables d'accepter de discuter avec les délégués de
personnel, en vue de chercher des solutions appropriées aux problèmes qui se
posent.
3) A la GNC (Entreprise égyptienne chargée de la réalisation du
tronçon 4 de la route Nouakchott-Nouadhibou.
Un désaccord est survenu entre les délégués de personnel et les responsables
de cette société à propos des augmentations de salaires suite à l'accord
signé le 16 janvier 2005. Le problème est porté devant l'inspection du
travail de Nouadhibou, à la suite de quoi, un PV de conciliation est signé
par toutes les parties.
Par la suite, la direction de la société se rétracte, elle établit les
salaires du mois de mars2005 en refusant d'appliquer les termes du PV de
conciliation.
Les travailleurs demandent l'application forcée de l'accord signé entre les
parties.
L'inspecteur du travail n'a pas voulu convoquer les deux parties à la
conciliation mais a recommandé aux travailleurs de s'adresser à leur
direction, ce qui n'était pas facile.
Le vendredi 15 avril 2005, les travailleurs ont rendu public un préavis de
grève pour la date du lundi 18 avril. A la date arrêtée, la grève est suivie
à 100% et le même jour l'entreprise procède à des recrutements pour
remplacer les grévistes. Également le même jour, une réunion regroupant
toutes les parties est convoquée par le wali à Nouadhibou. Il est décidé
d'un comment accord l'arrêt de la grève est l'ouverture des négociations à
l'inspection du travail.
Le 19 avril, quand les travailleurs se présentent à leur lieu de travail, la
direction de la société refuse de les accepter. Le même jour, une deuxième
réunion est convoquée par le Wali de Nouadhibou et à la suite de cette
réunion, il a été décidé que tous les travailleurs doivent reprendre
immédiatement leur travail et les négociations doivent reprendre le 20 avril
2005.
Affaire à suivre.
4) LISTE DES TRAVAILLEURS LICENCIES A LA SNIM DE NOUADHIBOU
(à la date du 22 avril 2005)
1. Mohamed Ould Cheikh, secrétaire fédéral des mines,
2. Mohamadou service 600,
3. Abdoul servie approvisionnement,
4. Lo Mamadou service appro
5. Ba Amadou service appro,membre du Comité Consultatif d'Entreprise
6. Diak Hamet service 720
7. Baba Ould Soufi service 720,
8. Aziz Ould Soulé service 720,
9. Kane Amadou Saidou service 700,
10. Cheikhna Ould Mohamadou service 570,
11. Mohamedou Ould Kheir service 512,
12. Hamed Sy service 570,
13. Balla service 540
14. Thiam Amadou délégué de personnel
15. Moussa Ould Mohamedou délégué de personnel
16. Baro Amadou SG section CLTM,
17. Mohamedou Ould Salek délégué de personnel,
18. Cheikh Ould Haiballa délégué de personnel,
19. Isselmou Ould Mohamedou
20. Cheibamy Ould Brahim
21. Diallo ousmane
22. Lebrami Ould Maouloud
Nouakchott le 23 avril 2005 Le
Comité exécutif de la CGTM

|