Le Ministre de l’environnement s’en prend injustement à un délégué du personnel et lui prive de ses droits
Une violation sans précédent des droits d’un travailleur et de surcroît sur un délégué du personnel, est sur le point de se produire au niveau du ministère de l’environnement. En effet, le camarade Boully Traoré, technicien de l’environnement au Programme Spécial pour la Protection de la ville de Nouakchott et délégué du personnel, est depuis quelques temps victime d’une grande injustice commise contre lui par le Ministre de l’environnement et ses proches collaborateurs.
En plus d’être arbitrairement affecté et contre son gré dans la nouvelle localité de Chami, situé à 250km sur l’axe de Nouadhibou, Boully Traoré, est non seulement privé injustement de ses congés payés annuels au titre des années 2009-2010 et 2010-2011, mais aussi son salaire du mois de juin ne lui a toujours pas été versé.
La seule erreur commise par Boully, était d’avoir intervenu au cours d’un débat télévisé qui s’est tenu le dimanche 27 Mai dernier, dans lequel son ministre de tutelle était l’invité. En sa qualité de responsable du bloc 5 et délégué du personnel, Boully a profité de cette tribune pour protester contre la précarité des conditions socioprofessionnelles de certains travailleurs dits « occasionnels » de la pépinière qui touchent entre 17 000 et 29 000 UM. Un traitement qui viole d’une manière flagrante les dispositions de l’article 196 qui interdit de rémunérer un salarié à un taux inférieur au SMIG qui est actuellement à 30000UM, conformément au protocole d’accord signé entre les partenaires sociaux en Août 2011. Ces propos de notre camarade ont visiblement irrité le Ministre de l’environnement, qui a convoqué le Coordinateur du projet ainsi que le Secrétaire Général du département, auquel il ordonne de rédiger une note d’affectation de Boully Traoré à CHAMI. Ainsi la note fut rapidement écrite et signée le 28 Mai puis transmise le 29 mai au technicien Boully Traoré.
Il faut préciser que le type de contrat de travail qui lie notre camarade au PSPVN répond aux critères d’un contrat régi par les dispositions de la Convention Collective Générale du Travail. Dans ce cadre, Boully, n’est ni un fonctionnaire encore moins un travailleur non permanent mais plutôt un contractuel du PSPVN dont le programme pourra finir à tout moment. Autre preuve soutenant le caractère illégal de cette décision d’affectation, dans le contrat de travail de notre camarade, il est clairement mentionné dans son article 6, que les activités du programme s’exercent sur toute l’étendue de la ville de Nouakchott et ses environs. Malgré, toutes ces violations flagrantes des dispositions législatives, règlementaires et conventionnelles en vigueur, le Ministre de l’environnement a poursuivi son œuvre de destruction en décidant de fixer à notre camarade une date butoir pour le 2 juin dernier pour obtempérer au risque de se voir privé de salaire.
Il faut indiquer que la décision d’affecter notre camarade sans son consentement constitue une violation grave des dispositions de l’article 68 de la convention collective générale du travail de 1974 qui stipulent que le délégué du personnel ne peut pas être déplacé contre son gré pendant la durée de son mandat.
Notre camarade s’est entretenu ce mardi 3 juillet 2012, avec le Ministre de l’environnement accompagné de ses proches collaborateurs à savoir : Bamody Diakité coordinateur du PSPVN et Mohamed Yeslim Ould Med Lemine, Secrétaire général du département pour tenter de trouver une solution à l’amiable. Au cours de cette rencontre, le Ministre a menacé que le premier qui lèverait la suspension sur le salaire de Boully sera immédiatement renvoyé et que si l’ordre lui venait du Président de la République, il n’hésitera pas à rendre le tablier. Ensuite, lorsque Boully lui a précisé que cette affaire est déjà entre les mains de son organisation syndicale en l’occurrence la CGTM, le Secrétaire Général du département, Mohamed Yeslim Ould Med Lemine, est intervenu pour lancer des propos irrespectueux et injurieux à l’égard du Secrétaire Général de la CGTM, Abdallahi Ould Mohamed Dit Nahah.
Au niveau de ce programme, les travailleurs nous ont plusieurs fois rapporté, qu’ils sont régulièrement soumis à des conditions socioprofessionnelles particulièrement pénibles et une violation systématique de leurs droits. Parmi ces derniers, figurent les dispositions de l’article 219 de la loi 2004-017 portant Code du Travail, relatif à la périodicité des paiements des salaires, la direction préfère toujours libérer les prestataires avant le personnel. A titre d’exemple, les salaires de décembre 2011 étaient votés et adoptés en novembre 2010 mais payés seulement en Mars 2012).
Certains travailleurs sont également payés sans bulletin de paie en violation, de l’article 221 du même Code. A cela s’ajoute à la confiscation des indemnités du personnel.
La CGTM en tant que l’une des organisations syndicales les plus représentatives dans le pays dénonce avec la dernière énergie les mauvais traitements infligés injustement au travailleur Boully Traoré. Elle condamne également les propos injurieux des responsables de ce département à l’égard de son Secrétaire Général, Abdallahi Ould Mohamed Dit Nahah. L’organisation se réserve le droit de poursuivre ce département jusqu’à ce que le travailleur en question soit rétabli dans ses droits.
عاليتا
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