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Confédération générale des travailleurs de Mauritanie

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ALLOCUTION DE BIENVENUE

Le Secrétaire exécutif chargé de l’Administration et de la Communication,

Sy Moussa Djibi

ALLOCUTION DE NATACHA DAVID

Coordinatrice éditoriale du Département Communications et Campagnes de la CISL

Rédactrice en chef du «Monde Syndical».


 

ALLOCUTION DE BIENVENUE

 

Monsieur le représentant du Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi,

Madame la représentante du Secrétariat d’État à la Condition Féminine,

Monsieur le représentant du Secrétariat d’État aux Technologies Nouvelles,

Messieurs les représentants du PNUD, du FMI, de la Banque Mondiale et de l’Union européenne,

Madame la représentante de la Confédération Internationale des Syndicats Libres,

Mesdemoiselles, mesdames et messieurs

 Permettez-moi tout d’abord, au nom du camarade Abdallahi  Ould Mohamed dit Nahah, secrétaire général de notre centrale en mission à l’extérieur de notre pays  pour des obligations syndicales et de l’ensemble des membres de notre direction, de vous souhaiter la bienvenue.

L’événement qui nous regroupe ici et aujourd’hui, s’inscrit dans le cadre d’un projet financé par la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL, département de l’Égalité), visant comme objectif   «le renforcement des capacités organisationnelles des femmes travailleuses pour accroître leur présence et leur rôle dans les structures de la CGTM ».

Le projet a démarré en janvier 2004 et a eu à son actif les étapes essentielles suivantes ;

- la première pour sensibiliser les membres du comité de pilotage et des femmes qui auront la charge d’effectuer des missions sur le terrain, étape au cours de laquelle, un séminaire avait été organisé autour des thèmes suivants :

  • le syndicat pour les femmes et les femmes pour le syndicat,

  • la CGTM et l’égalité en genre,

  • la connaissance des textes fondamentaux (statuts et règlement intérieur) de la CGTM,

- la deuxième au cours de laquelle, des missionnaires se sont rendues effectivement dans les 13 wilayas de notre pays, ont tenu beaucoup de réunions de sensibilisation, recruté des milliers d’adhérentes, mis en place des comités sectoriels et des comités régionaux de femmes.

- la troisième qui est consacrée au présent séminaire pour faire une première évaluation des activités réalisées sur le terrain, des impacts, des acquis et des insuffisances, ainsi que des mesures à prendre pour les perspectives d’avenir.

D’ores et déjà, je puis vous affirmer notre entière la satisfaction  pour le travail effectué qui a contribué au regain d’activités de notre centrale, et je profite de l’occasion pour féliciter et remercier toutes les militantes, tous les militants et toutes les bonnes volontés qui ont contribué de près ou de loin à ce résultat.

J’ose espérer, avec le démarrage au début de cette année 2005 du projet pour la sensibilisation et le recrutement des jeunes travailleurs, également financé la CISL, que la CGTM puisse se renforcer davantage et contribuer à l’essor tant attendu du mouvement syndical dans notre pays.

Chers camarades

L’augmentation de 5689 adhérentes à notre syndicat depuis le démarrage du projet, qui ressort des premières esquisses de votre bilan, est suffisamment révélatrice de l’importance des activités que vous avez réalisées.

Il reste à rechercher les voies et moyens pour consolider et améliorer sans cesse ce résultat, mais aussi et surtout à déterminer les formes d’actions et d’organisation pour faire aboutir les projets et les aspirations de nos militantes de base. A cette occasion, je ne saurais insister sur la nécessité de lier les préoccupations locales, sectorielles et conjoncturelles aux  préoccupations générales, nationales et internationales.

Ainsi, la multiplication des chaînes de solidarité devient-elle la meilleure riposte à la mondialisation de l’économie qui régente aujourd’hui le monde sous l’impulsion de l’OMC, du  G7 et des institutions de Breton Woods, pour l’avènement d’un monde où les considérations sociales ne seront plus reléguées au second plan, tout au contraire ?

 Je vous remercie pour votre aimable attention

 Nouakchott le 10 mai 2005

Le Secrétaire exécutif chargé de l’Administration et de la Communication,

Secrétaire Général de la CGTM par intérim

Sy Moussa Djibi

 


 

Allocution NATACHA DAVID

Chères Camarades,

 

Je suis très heureuse d’être parmi vous aujourd’hui et de vous transmettre les salutations les plus chaleureuses du Comité des Femmes et du Département de l’Égalité de la CISL. Moi-même, je suis journaliste, responsable des publications de la CISL, au sein du département des Communications et Campagnes de la CISL, à Bruxelles, en Belgique… et  particulièrement heureuse de m’investir dans la cause des femmes syndicalistes où que ce soit dans le monde.

 

Par le biais du Comité des femmes de la CISL, je vous transmets les salutations d’environ 60 millions de femmes travailleuses à travers le monde, qui forment 40% des 148 millions de membres de la CISL. Vous qui êtes présentes ici, vous faites partie de ces 60 millions de femmes syndicalistes que le Comité des Femmes de la CISL représente.

 

Nous n’avons pourtant pas toujours été aussi nombreuses dans les syndicats. Lorsque la CISL a été fondée en 1949, les femmes représentaient seulement 7% des effectifs , soit à l’époque 49 millions de membres. Sans entrer dans de grands calculs, le nombre des femmes a donc augmenté d’environ 20 fois. Alors que le nombre total des membres de la CISL n’a augmenté que de trois fois au cours de la même période. Ce qui nous permet sans nous tromper de tirer la conclusion suivante : les femmes ont été déterminantes pour ce qui est du renforcement et de la croissance du mouvement syndical partout dans le monde. Pourtant, la place des femmes au travail, dans la société, et encore trop souvent au sein même des syndicats, n’est guère reluisante.

 

1- L’URGENCE DE LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ –

    LE RÔLE DES SYNDICAT

 

En ce début de 21e siècle, la lutte contre la pauvreté est devenue une priorité essentielle du mouvement syndical international, et cette question concerne tout particulièrement les femmes.

 

-Parmi les 1,2 millions de pauvres dans le monde qui vivent avec moins d’un dollar par jour, il y  70% de femmes.

-Parmi le milliard de personnes sans emploi, sous-employées ou travaillant dans des conditions qui assurent à peine leur survie, il y a 60% de femmes.

-Parmi les 860 millions d’adultes illettrés de par le monde, il y a 70% de femmes, et nettement plus de la moitié des enfants en âge d’aller à l’école qui ne sont pas scolarisés sont des filles.

-36 millions de personnes vivent avec le virus du SIDA. En Afrique sub-saharienne, 60% de ces personnes sont des femmes, et ce sont les jeunes femmes de moins de 24 ans qui sont les plus exposées.

 

La crise économique et les effets de la mondialisation ont un impact très néfaste sur les travailleurs en général, et sur les femmes en particulier, car elles constituent une catégorie de la population plus vulnérable.

 

Dans les pays en développement, à cause du chômage et de la pauvreté, beaucoup de femmes sont acculées à émigrer, les femmes représentent 40% des millions de migrants de par le monde. D’autres femmes n’ont d’autre choix que de travailler dans les usines des zones franches d’exportation, par exemple pour confectionner des vêtements ou des chaussures pour des grandes marques multinationales, dans des conditions très difficiles et pour des salaires de misère en comparaison du prix auquel les produits qu’elles fabriquent sont revendus dans les pays industrialisés. Et plus encore de femmes des pays en développement sont contraintes pour survivre de rejoindre l’économie informelle, c’est à dire de travailler sans aucune protection légale ni protection sociale. Pour l’ensemble de l’Afrique, ce sont 80% des nouveaux emplois qui sortent du cadre d’un contrat de travail et d’une protection sociale. C’est le cas ici en Mauritanie où la majorité de la population vit par l’économie informelle. Et vous êtes bien placées pour le savoir puisque vous mêmes, camarades, vous êtes ici pour témoigner de vos efforts pour tenter d’organiser ces travailleuses de l’informel pour qu’elles puissent mieux défendre leur droit à un travail et à une vie décente.

 

Dans le monde, le taux de participation des femmes dans la population active est de 40%, mais même dans les pays industrialisés, les femmes se trouvent en majorité confinées dans les emplois les moins qualifiés, les emplois sous-évalués, les emplois précaires. Et partout au monde à travail égal, les femmes ne peuvent pas prétendre aux mêmes salaires que les hommes.

 

La violence est un autre grave problème pour les femmes partout dans le monde. Que ce soit la violence au travail, sous forme de harcèlement sexuel ou moral. Ou que ce soit la violence dans leur vie quotidienne, et notamment la violence conjugale au sein de leur foyer.  Aux États-unis par exemple, chaque 15 secondes, une femme est attaquée. Et en Grande-Bretagne, chaque semaine, 2 femmes sont tuées par leurs partenaires. Dans les pays en développement, se posent en particulier les problèmes des mariages forcés, ou encore les crimes d’honneur. Sans oublier le fléau des mutilations génitales qui frappent malheureusement grandement cette partie du monde.

 

2- CONCRÈTEMENT, QUE FONT LES SYNDICATS POUR LES FEMMES ?

 

Face à toutes ces problèmes et ces difficultés qui frappent les femmes en particulier, la question que vous êtes évidemment en droit de vous poser, c’est bien sûr : Que peuvent donc faire les syndicats pour les femmes ? Et plus concrètement, que fait la CISL sur cette question ?

 

Tout d’abord, la CISL mène des actions et des campagnes pour que les préoccupations sociales soient mieux prises en compte dans les politiques économiques et de développement sur le plan international, par exemple en faisant campagne auprès d’institutions internationales comme le FMI, la Banque Mondiale ou encore l’Organisations mondiale du Commerce.  La CISL se bat ainsi pour que les droits fondamentaux des travailleurs et des travailleuses, tels qu’ils sont consacrés dans la Déclaration de l’OIT, soient pleinement intégrés dans les accords commerciaux, par exemple avec l’Union Européenne. Et bien sûr, parmi ces droits fondamentaux, il y a les droits à l’Égalité de salaire, et à la non discrimination en matière d’emploi.

 

Partout dans le monde, les syndicats font de gros efforts pour tenter de relever le défi de l’amélioration de la situation des femmes travailleuses et de la promotion de l’égalité des genres au travail, mais aussi dans la société dans son ensemble… ce qui comprend évidemment les syndicats eux-mêmes. Les syndicats sont de plus en plus conscients qu’il faut organiser plus de femmes, mais qu’il faut aussi permettre leur accès aux postes de direction dans les syndicats. Lors de son dernier Congrès au Japon en décembre dernier, la CISL a réaffirmé combien la pleine intégration des femmes dans les organisations syndicales est essentielle non seulement pour la crédibilité des syndicats, mais pour leur avenir même. C’est d’ailleurs pourquoi le Comité des femmes de la CISL a lancé en 1994 une grande campagne de syndicalisation des femmes de par le monde. Cette campagne vise en 2 ans à accroître de 5% les effectifs féminins des syndicats, en particulier dans les groupes de travailleuses les plus vulnérables, comme c’est le cas des femmes occupées dans l’économie informelle. 

 

Dans plusieurs pays, comme par exemple, les Philippines, la Malaisie, le Honduras ou encore la République Dominicaine, les syndicats sont très actifs pour organiser les femmes qui travaillent dans les usines des zones franches d’exportation.

 

Les jeunes femmes sont aussi particulièrement ciblées par des campagnes de recrutement syndical, par exemple en Équateur, au Ghana, au Japon ou encore au Sénégal. Ces campagnes d’organisation sont intitulées « 1+1= plus de pouvoir aux femmes », ce qui signifie que le principe de base est qu’une femme peut en organiser une autre, et ainsi de suite.

 

En Europe,  les organisations syndicales sont actives dans l’organisation des travailleurs migrants, avec une attention particulière pour les femmes migrantes et les minorités ethniques.

 

En Amérique latine, plusieurs syndicats organisent régulièrement des actions sur le problème de la violence faite aux femmes, qui est particulièrement criant là-bas. Et plus près d’ici,  par exemple au Burkina, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal, les syndicats sont actifs dans des campagnes contre l’excision.

 

Dans les pays arabes, la CISL mène un programme de formation sur le rôle des femmes syndicalistes dans la promotion de l’égalité au travail et dans la société.

 

Pour ce qui est de la lutte contre la pauvreté, la CISL s’est engagée à l’occasion de son dernier Congrès en décembre dernier dans une vaste campagne mondiale qui réunit toutes une série d’organisations partenaires des syndicats autour d’un même objectif : faire pression sur les gouvernements pour qu’ils traduisent les promesses qu’ils ont faites aux Nations Unies en actes concrets en faveur de la réduction de la pauvreté. Nommée « Action mondiale contre la Pauvreté », cette campagne vise à la réalisation de ce que l’on appelle les « Objectifs du Millénaire » établis par les Nations Unies, parmi lesquelles figurent la promotion de l’égalité des sexes et l’accomplissement de l’autonomie des femmes, l’amélioration de la santé maternelle, l’éducation primaire pour tous, ainsi que la lutte contre le SIDA et le paludisme.

 

La CISL a d’ailleurs publié plusieurs dépliants d’information dans le cadre de cette campagne, dont l’un sur les droits des femmes travailleuses et l’autre sur l’emploi des jeunes. Des copies de ces dépliants sont disponibles ici.

 

 

3- LE COMITE DES FEMMES CISL et la CAMPAGNE FEMMES CGTM

  

Je voudrais encore dire quelques mots qui vous expliquent ce qu’est le comité des femmes de la CISL, l’organe qui détermine la politique de la CISL pour la promotion de l’égalité.

 

Ce Comité est composé d’une cinquantaine de membres titulaires et suppléantes nommées par les organisations les plus représentatives de la CISL, et qui viennent de toutes les régions du monde. 

 

Comme le montre les différents exemples d’actions et de campagnes que je vous ai citées, le Comité des femmes pousse la CISL et ses affiliés à agir concrètement pour promouvoir l’égalité dans l’emploi, dans la société et dans les syndicats, notamment par le biais d’un grand nombre de programmes de formation. Au-delà de ces activités, le Comité des femmes de la CISL constitue aussi un Forum précieux d’échange et de solidarité entre les femmes syndicalistes du monde entier.  Par exemple, chaque fois qu’un cas de discrimination est porté à sa connaissance, le Comité des Femmes réagit en lançant une action de protestation. Par exemple, tout récemment lors des célébrations du 8 mars qui ont mobilisé les femmes syndicalistes dans de nombreux pays du monde – je tiens ici à féliciter les femmes de la CGTM pour leurs actions concrètes menées le 8 mars-, la Turquie s’est malheureusement tristement illustrée par les violences subies par les femmes turques qui manifestaient pour ce 8 mars. Aussitôt, le Comité des femmes a envoyé un message de protestation publique.

 

Suite à l’insistance du Comité des femmes de la CISL depuis des années et des années, le dernier Congrès de la CISL au Japon s’est distingué par une augmentation de la participation des femmes déléguées. A ce dernier Congrès, elles étaient 38%. Et pour la première fois dans l’histoire de la CISL une femme a été élue à l’unanimité à la présidence de la CISL, en la personne de Sharan Burrow, du syndicat australien ACTU.

 

Je tiens à souligner que, signe de l’intérêt que le Comité des femmes de la CISL porte aux femmes mauritaniennes,  notre camarade Mahjouba, ici à mes côtés, est désormais membres suppléante du Comité des femmes de la CISL, aux côtés de la membre titulaire marocaine.

 

Le département de l’Egalité de la CISL que je représente ici est vraiment très impressionné du dynamisme, du sérieux et de la grande motivation dont vous, les camarades femmes de la CGTM, vous faites preuve dans votre volonté de recruter davantage de travailleuses mauritaniennes, en particulier dans l’informel. Et C’est pour soutenir cette volonté que la CISL a décidé de soutenir votre campagne nationale.

 

La procédure habituelle veut que la CISL fasse appel à des sources de financement externes pour soutenir ce genre de projet, mais dans ce cas, au vu du sérieux du projet et de votre motivation, la CISL, pour gagner du temps, a exceptionnellement fait appel à son fond de solidarité syndicale propre.

 

Et avec peu de moyens, vous avez fait beaucoup. Malgré la difficulté de vous implanter dans les régions, parfois les plus éloignées, votre progression est impressionnante et je me réjouis que ce séminaire vous donne l’occasion de mieux détailler encore vos réalisations, vos difficultés dans ce travail, et vos attentes pour le futur.

 

J’ajoute que la CISL soutient aussi votre projet concernant le recrutement de jeunes syndicalistes. Car à n’en pas douter, les femmes et les jeunes, c’est l’avenir du mouvement syndical. Et la CISL se réjouit de voir que la CGTM toute entière est prête à se mobiliser pour les femmes et pour les jeunes.

 

Je vous remercie grandement de votre attention. Au nom de toutes les femmes de la CISL, je reprends le slogan de la campagne des femmes de la CSL « Les syndicats pour les femmes, les femmes pour les syndicats ». En espérant que ce slogan devienne une réalité, ici en Mauritanie, comme partout dans le monde.

 

En vous remerciant encore de votre accueil, je vous souhaite beaucoup de succès dans la tenue de ce séminaire, ainsi que dans la poursuite de votre campagne.

  

Natacha David

Coordinatrice éditoriale du Département Communications et Campagnes de la CISL

Rédactrice en chef du «Monde Syndical».


 

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Dernière modification : 01 mai 2005