Par note de
service n°00013 en date du 06 juillet 2008, la Direction Générale de
Mauritel.SA vient d’annoncer une offre de départ volontaire, la 3ème
du genre depuis la privatisation.
Cette
offre, pour laquelle aucune raison n’a été évoquée, a été faite sans
consultation des représentants des travailleurs malgré leur demande
d’audience en souffrance depuis une dizaine de jours auprès de la Direction
Générale.
Certes, le
Groupe Mauritel a procédé à la fusion de ses deux entités (Mauritel.SA et
Mauritel Mobiles), ce qui peut poser un besoin de réorganisation et de
redéploiement, voire même de réduction justifiée du personnel à
réaliser à travers un plan social négocié et valorisant qui prend en
compte les intérêts de toutes les parties et dans le respect de dispositions
législatives et réglementaires en la matière.
Malheureusement, Mauritel.SA refuse toujours encore d’épouser une nouvelle
approche du partenariat qui soit fondé sur la transparence et le dialogue
social, qui est pourtant la seule voie permettant de façon durable
d’optimiser le développement de l’entreprise et de préserver les intérêts
supérieurs de ses travailleurs.
Rappelons
que les privatisations et les départs volontaires sont devenus, depuis
l’adoption des plans d’ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale
dans les années 80, un moyen pour des licenciements déguisés de travailleurs
y compris par des entreprises ayant une bonne santé financière ; à noter
dans ce chapitre que Mauritel.SA a réalisé en 2007, 13 milliards d’ouguiyas
de bénéfices pour un chiffre d’affaire de 34 milliards.
Face à
cette situation dangereuse pour l’emploi, la section de la CGTM dénonce
cette fuite en avant de Mauritel qui se comporte en Multinationale qui fait
fi de la législation et de la réglementation dans le pays, sous l’œil
bienveillant des administrateurs et des pouvoirs publics qui ne sont
intéressés que par les dividendes et impôts qu’ils récoltent sans se soucier
des impacts sociaux en terme de création d’emplois et d’amélioration des
conditions de vie et de travail.
Elle
demande l’ouverture immédiate de négociations autour de cette offre de
départ volontaire pour une solution concertée aux problèmes nés de la
fusion, et des revendications encore pendantes des travailleurs.
Elle
interpelle enfin le mouvement syndical mauritanien et le gouvernement afin
qu’ils se saisissent des questions fondamentales de ce genre liées à
l’avenir des travailleurs dans notre pays.
Nouakchott,
le 07 juillet 2008
Le Bureau
de la section
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