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CAHIER DE REVENDICATIONS

1er mai 2008

 

Le 1ermai, fête internationale du travail, intervient en cette année 2008 dans un contexte marqué par :

 

Au plan international

 

·        La persistance de la crise résultant de l’échec des plans d’ajustement structurel des Institutions Financières Internationales (FMI et BM) et de la mondialisation ultralibérale avec comme conséquence sociale directe l’accentuation de la pauvreté à travers le monde et en particulier dans les pays du Sud ;

·        Une crise alimentaire mondiale sans précédent qui frappe les peuples et les travailleurs de la planète, hypothéquant même les objectifs du millénaire pour le développement ;

·        Un consensus mondial sur l’urgence de lutter contre la pauvreté pour alléger les souffrances de centaines de millions d’être humains et promouvoir un développement humain durable ;

·        L’unification du Mouvement Syndical International par la fusion de la CISL et de la CMT et la création de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) qui offre aux travailleuses et travailleurs du monde plus de capacités à défendre leurs droits ;

·        La persistance du phénomène de la migration clandestine avec souvent des conséquences dramatiques et l’absence encore de politique consensuelle pour sa moralisation et la préservation des intérêts et droits des migrants.

 

Au plan national

 ·        La première année de la 3ème République issue des institutions démocratiques élues dans des conditions de transparence de l’avis de tous et qui ouvre des perspectives plus favorables à la promotion des libertés et de la démocratie en général ;

·        L’aggravation de la pauvreté qui demeure persistante et qui se généralise à toutes les couches des travailleurs.

·        Une deuxième année d’exploitation du pétrole dont les résultats n’ont pas encore eu  d’impact positif sur le quotidien des mauritaniens ;

·        Le manque d’implication effective des travailleurs et de leurs Organisations dans l’élaboration, l’application et l’évaluation des politiques économique et sociale du pays ;

·        Une répartition inéquitable des richesses nationales et des fruits de la croissance doublée d’une flambée permanente des prix des denrées et services de base ;

·        L’aggravation du chômage qui devient endémique et frappe gravement la jeunesse ; 

·        Le phénomène de l’émigration clandestine qui fait des côtes mauritaniennes un passage privilégié vers l’Europe avec des conséquences souvent dramatiques.

·        L’absence d’une véritable politique de développement des secteurs de l’agriculture et de l’élevage qui sont les moteurs vitaux du tissu économique de notre pays capables de lui assurer une autosuffisance alimentaire et de soutenir son développement durable.

C’est dans un tel contexte international et national que la CGTM, au nom de la démocratie, de la justice et des principes et droits fondamentaux au travail, revendique :

 

  1.  Application du SMIG et Paiement généralisé des augmentations de salaire accordées  par le Chef de l’État en 2005 et 2006.

Le relèvement du SMIG qui a été concrétisé par un Décret du gouvernement a résolu le problème au niveau des fonctionnaires et agents de l’État, toutefois, au niveau de plusieurs sociétés privées, les traitements demeurent encore en deçà de ce nouveau SMIG.

Par ailleurs, ce SMIG de 21.000 UM demeure en deçà du minimum vital et doit connaître une révision par l’intermédiaire d’une étude optimale du coût de la vie indexé sur le traitement catégoriel minimal des travailleurs.

Les augmentations de 50% accordées en 2005 et 2006 par le Chef de l’Etat ne sont pas encore payées aux travailleurs de plusieurs sociétés et entreprises parapubliques.

 

  1. Une augmentation conséquente des salaires  pour une plus juste répartition des fruits de la croissance économique résultant de l’exploitation des nouvelles richesses.

Les conditions de vie et de travail sont particulièrement difficiles pour les travailleurs et travailleuses de notre pays, lesquels, malgré leur contribution décisive au PIB national, demeurent exclus des fruits de la croissance économique.

Le niveau des traitements actuels ne permet pas aux travailleurs de faire face à la nourriture quotidienne de 10 jours pour une famille de 05 membres, à plus forte raison de leur permettre de se soigner, de payer les études, de se loger.

 

  1. La renégociation d’une nouvelle politique de protection sociale garantissant aux travailleurs de meilleurs filets de sécurité.

Les branches actuellement couvertes par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale ont été créées dans des circonstances socio-économiques qui sont actuellement dépassées et il s’impose de réactualiser les différentes prestations sociales en les adaptant aux nouveaux contextes de travail dans notre pays.

La gestion des sociétés chargées de la sécurité sociale (CNSS et CNAM) doit être plus participative par la consultation des organisations syndicales de travailleurs sur le choix de leurs dirigeants.

D’autre part, les branches nouvelles comme l’assurance maladie, l’assurance chômage, entre autres, doivent être introduites dans les prestations de la CNSS pour permettre de faire face aux besoins nouveaux des populations de travailleurs et d’assurés.

 

  1. La mise en place d’un cadre permanent de concertation entre les partenaires sociaux.

Ce cadre de concertation doit s’articuler autour d’un Pacte Social National qui sera un baromètre social et économique qui module et pilote la répartition des fruits de la croissance économique par une redistribution équitable des richesses nationales au profit de tous les acteurs qui ont contribué à son accumulation.

Ce pacte, dont le mode de fonctionnement et d’opérationnalisation sera déterminé entre les partenaires sociaux, doit être institutionnalisé et régi par des mécanismes tripartites.

 

  1. La promotion d’une véritable politique d’insertion des femmes et des jeunes dans les secteurs économiques vitaux.

La résolution des disparités de genre et d’âge ne peut être énergique que par la promotion d’une véritable politique d’emploi au profit des couches de jeunes et de femmes aussi bien dans les villes que dans les campagnes.

Ces couches, qui sont confinées dans leur grande majorité, dans le secteur de l’économie informelle, doivent bénéficier de programmes spéciaux d’insertion avec leur implication effective à leur élaboration et leur suivi/évaluation

Cette politique d’emploi doit être en adéquation avec des politiques et des programmes de formation professionnelle aussi bien dans les centres universitaires que dans les instituts de formation pour adapter les contenus de ces formations aux besoins du marché national de l’emploi.

 

  1. La réintégration des fonctionnaires et travailleurs victimes des événements de 1989/91.

La CGTM se félicité du retour des déportés du Mali et du Sénégal et estime que cet événement marque un jalon important dans la consolidation de l’unité nationale dans notre pays.

Toutefois, nous demandons une attention particulière et urgente à la situation des fonctionnaires et travailleurs qui ont été victimes des événements de 89/91 par la régularisation de leur emploi et le paiement de leurs droits.

  1.  Une meilleure gestion des questions liées à la migration de la main d’œuvre  par la réactualisation et l’application de tous les accords et/ou conventions signés entre notre pays et la France relatifs aux travailleurs immigrés, par une meilleure prise en compte des doléances formulées par nos compatriotes résidant dans ce pays et qu’ils ont fait parvenir aux autorités nationales depuis quelques années.

- La recherche d’accords de conventions et/ou accords de partenariat avec les pays d’émigration de nos nationaux comme  l’Espagne, les pays du Golfe,  pour mieux gérer le flux migratoire.

- La ratification des conventions 97 et 143 de l’OIT sur la migration pour mieux assurer la protection et la défense des droits des travailleurs migrants.

 

  1. Une adaptation de la législation de travail nationale aux conventions internationales en la matière par une révision du Code de Travail et du Statut Général de la Fonction Publique.

 

Nouakchott, le 1er mai 2008

Le Comité Exécutif


 

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Dernière modification : 30 mai 2008