Union des Travailleurs de
Mauritanie UTM
Confédération Générale des
Travailleurs de Mauritanie
CGTM
Union Libre des Syndicats de
Mauritanie
USLM
Union Générale des
Travailleurs de Mauritanie
UGTM
Union Nationale des
Travailleurs de Mauritanie
UNTM
Confédération Nationale des
Travailleurs de Mauritanie
CNTM
Discours des Secrétaires
Généraux à l’occasion du 1er mai 2007
Camarades
militantes et militants
Nous célébrons aujourd’hui, à l’instar de
centaines de millions de travailleuses et de travailleurs à travers le
monde, la fête du 1er mai, fête internationale du travail.
Le 1er mai intervient encore
cette année dans un contexte particulièrement préoccupant pour le monde du
travail, contexte marqué par :
Au plan international
- La persistance de la crise
socio-économique résultant de l’échec des plans d’ajustement structurel des
Institutions Financières Internationales (FMI et BM, du poids de la dette et
de la mauvaise gouvernance.
- Le processus inexorable d’une
mondialisation ultra libérale de l’économie et des échanges sous la houlette
de l’Organisation Mondiale du Commerce et des multinationales qui continue
de faire peser les menaces les plus graves sur l’existence des travailleurs
et des peuples du monde entier, et singulièrement sur ceux des pays en voie
de développement.
- L’accentuation de la pauvreté et de la
fracture sociale, le non-respect des principes et Droits Fondamentaux au
travail de l’OIT et des législations sociales par les
multinationales, les gouvernements et les employeurs dans beaucoup de pays.
Les travailleurs et les peuples du monde
restent encore préoccupés sur les méfaits d’une mondialisation qui ne prend
pas encore en compte la dimension sociale qui doit l’accompagner pour
préserver les intérêts des travailleurs et des peuples.
Néanmoins, certains facteurs positifs et
qu’il faut renforcer, constituent des motifs d’espoir pour l’émergence d’un
véritable pôle mondial des forces sociales face à la finance internationale.
Il s’agit notamment :
- du mécanisme de concertations bien que
timide pour le respect des droits des travailleurs entre les Institutions
Financières Internationales, l’OMC d’une part, et les Organisations
syndicales internationales d’autre part ;
- du rôle de plus en plus important que
joue la société civile dans le monde et de ses luttes pour un monde plus
juste et plus équitable à travers les différents forums sociaux
- de la naissance de la Confédération
Syndicale Internationale (CSI) qui regroupe désormais l’essentiel du
Mouvement Syndical International et offre de plus grandes capacités d’action
aux travailleurs.
- des prédispositions de plus en plus
perceptibles des Institutions de Breton Wood pour l’introduction d’une
dimension sociale dans les politiques de développement à mettre en œuvre
dans les pays du sud en particulier et pour le respect des principes et
droits fondamentaux au travail.
Au plan national,
en plus de partager avec tous les pays du tiers monde les conséquences de
l’ajustement structurel et de la mondialisation ultra libérale, la situation
se caractérise par :
- La fin de la transition politique entamée
au lendemain du coup d’Etat du 03 août 2005 avec la réalisation de tout le
processus électoral dans des conditions de transparence de l’avis de tous et
qui ouvre des perspectives plus favorables à la promotion des libertés et de
la démocratie en général ;
- L’absence de la dimension sociale durant
la période de transition qui laisse intactes les préoccupations relatives
aux conditions d’existence des travailleurs et des populations qui se sont
dégradées considérablement par l’érosion de leur pouvoir d’achat ;
- Une première année d’exploitation du
pétrole dont les résultats n’ont pas encore eu d’impact positif sur le
quotidien des mauritaniens ;
- Le manque d’implication effective des
travailleurs et de leurs Organisations dans l’élaboration, l’application et
l’évaluation des politiques économiques et sociales du pays ;
- Un déficit énorme en matière de
consultations et de négociations bipartites et tripartites qui marginalise
les travailleurs et leurs organisations dans la vie économique et sociale
tant au niveau national qu’à celui des entreprises, y compris par rapport
aux questions directement liées à leur existence.
- Un refus persistant de beaucoup
d’employeurs de procéder à la mise en place des organes de représentation
des travailleurs (collèges de délégués du personnel, comités consultatifs
d’entreprise, comités d’hygiène et de sécurité), défiant impunément les
conventions internationales et la législation nationale.
- Une détérioration du pouvoir d’achat des
travailleurs et des populations avec une flambée inadmissible des prix des
denrées de première nécessité et des services sociaux de base.
Une situation tant mondiale que nationale
qui interpelle la communauté internationale et les forces sociales en
particulier pour un sursaut indispensable à l’avènement de conditions de vie
décentes, à savoir manger à sa faim, boire à sa soif, se loger
convenablement, s’habiller correctement, se soigner sans difficultés,
éduquer ses enfants…etc. ; en somme, le respect de ce qu’il faut pour donner
un sens au travail et à la vie.
Chers camarades militantes et militants
En cette journée mémorable, nous nous
inclinons devant la mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leurs vies pour la
cause d’émancipation des travailleurs et des masses laborieuses, pour
l’amélioration des conditions de vie et de travail, depuis la naissance de
la production marchande jusqu’à nos jours en passant par Chicago et
Philadelphie aux Etats-Unis en 1886 et 1887, par divers autres endroits de
la planète jusqu’à Zouerate en Mauritanie le 29 mai 1968.
Les Centrales Syndicales Nationales
s’associent fermement au mouvement syndical international, à la société
civile et aux peuples du monde pour revendiquer avec force un monde plus
juste et plus équitable à travers une lutte conséquente contre la pauvreté
et la discrimination à l’endroit des femmes, une juste répartition des
richesses et l’introduction d’une forte dimension sociale à la
mondialisation afin de lui donner un visage plus humain.
Par la même occasion, tout en saluant la
fin de la transition et la réussite du processus électoral dans notre pays,
les Centrales félicitent le président de la République élu démocratiquement
et demandent aux nouvelles autorités d’impliquer les organisations
syndicales dans la gestion des affaires du pays à travers une promotion
réelle du dialogue social et le redressement de l’administration du travail
en vue d’une amélioration substantielle des conditions de vie et de travail.
Nous ne saurions
terminer sans réaffirmer les préoccupations des travailleurs et
travailleuses de notre pays face à la grave situation qui prévaut au Moyen
Orient et dans certaines parties de l’Afrique. Il s’agit en particulier du
drame que vivent les travailleurs et les peuples palestiniens et irakiens,
de la réconciliation nationale qui commence à se réaliser en Côte d’ivoire,
des foyers de tension au Soudan et du conflit du Sahara occidental qui ne
trouve pas encore de solution.
Nous réitérons notre
soutien indéfectible aux travailleurs et peuples de ces pays pour le
recouvrement de leurs droits et le respect de leurs choix, seul gage pour la
paix et le développement.
Chers Camarades
En cette journée mémorable, les Centrales
syndicales nationales réitèrent leur appel pour la réalisation d’une unité
d’action indispensable à la promotion du dialogue social, à l’application de
l’accord entre les partenaires sociaux du 16 janvier 2005 et à la poursuite
des négociations pour l’amélioration des conditions de vie et de travail.
Elles invitent en particulier le
Gouvernement et le Patronat à veiller à se conformer aux dispositions des
conventions internationales et de la législation nationale, seul gage de la
préservation de la paix sociale dans le pays et facteur d’un développement
durable.
Vive le 1er mai, fête internationale du travail !
Vive la solidarité nationale et
internationale des travailleurs !
Gloire aux martyrs de la cause
d’émancipation des masses travailleuses !
Gloire aux martyrs de Zouérate !
Pour la reprise des négociations entre les
partenaires sociaux !
Nous vous remercions.
-
Abderrahmane Ould Boubou SG
UTM
-
Abdallahi Ould Mohamed dit Nahah SG CGTM
-
Kane Moctar
SG USLM
-
Cheikh Ould Sid’Ahmed SG
UGTM
-
Mohamed Ould Jiyid SG
UNTM
-
Mohamed Ahmed Ould Saleck SG CNTM
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