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Discours du Secrétaire général de la CGTM

 


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Discours du Secrétaire Général à l’occasion du 1er mai 2006

 

Camarades militantes et militants de la CGTM

 

Nous célébrons aujourd’hui, à l’instar de centaines de millions de travailleuses et de travailleurs à travers le monde, la fête du 1er mai, fête internationale du travail.

Le 1er mai intervient encore cette année dans un contexte particulièrement préoccupant pour le monde du travail, contexte marqué par :

 

Au plan international

- La persistance de la crise résultant de l’échec des plans d’ajustement structurel des Institutions Financières Internationales (FMI et BM), du poids de la dette et de la mauvaise gouvernance.

 

- Le processus inexorable d’une mondialisation ultra libérale de l’économie et des échanges sous la houlette de l’Organisation Mondiale du Commerce et des multinationales qui continue de faire peser les menaces les plus graves sur les travailleurs et les peuples du monde entier, et singulièrement sur ceux des pays en voie de développement.

 

- L’accentuation de la pauvreté et de la fracture sociale, le non-respect des principes et droits fondamentaux au travail de l’OIT et des législations sociales par les multinationales, les gouvernements et les employeurs dans beaucoup de pays.

 

Les travailleurs et les peuples du monde restent encore préoccupés sur le sort que leur réserve une mondialisation qui ne prend pas encore en compte la dimension sociale qui doit l’accompagner.

 

Néanmoins, on peut se féliciter de certains signes positifs qui constituent des motifs d’espoir quant à l’émergence d’un véritable pôle mondial des forces sociales face à la finance internationale. Il s’agit notamment :

 - Des nouvelles prédispositions des Institutions de Breton Wood pour l’introduction d’une dimension sociale dans les politiques de développement à mettre en œuvre dans les pays du sud en particulier et pour le respect des principes et droits fondamentaux au travail, condition indispensable à une productivité durable des entreprises.

- Le mécanisme de concertations pour le respect des droits des travailleurs entre les Institutions Financières Internationales, l’OMC d’une part, et les Organisations syndicales internationales d’autre part ;

 - Le rôle de plus en plus important que joue la société civile dans le monde et ses luttes pour un monde plus juste et plus équitables.

- La création très prochaine d’une nouvelle internationale regroupant l’essentiel du mouvement syndical international et qui offrira de plus grandes capacités d’action aux travailleurs.

 

Au plan national, en plus de partager avec tous les pays du tiers monde les conséquences de l’ajustement structurel et de la mondialisation ultra libérale, la situation se caractérise par :

- La signature, pour la première fois depuis 20 ans, d’un accord entre les partenaires sociaux revalorisant le SMIG de l’ordre de 82% et consacrant des engagements importants des partenaires par rapport la protection sociale, à l’institutionnalisation du dialogue social, à la formation professionnelle, aux conventions collectives…etc. qui doivent être concrétisés à travers la poursuite des négociations ; et la CGTM s’en félicite vivement.

- Le changement du pouvoir politique qui est intervenu le 3 août 2005 et qui a créé des conditions plus favorables à la liberté syndicale et au libre exercice du droit syndical, et à la démocratie en général ;

- Une plus grande ouverture des autorités à la concertation et au dialogue avec les acteurs sociaux et les acteurs publics nationaux ;

- L’adoption d’un nouveau code du travail mais qui renferme encore des dispositions restrictives de la liberté et avec l’absence des textes d’application.

- L’espoir que suscite le début de l’exploitation du pétrole depuis février 2006 par rapport à l’amélioration des conditions de vie des populations et des travailleurs ;

- Une grande inquiétude qui continue encore d’habiter les travailleurs du fait de l’esprit de rébellion dont font preuve certains employeurs par rapport à l’application du décret instituant le nouveau SMIG national et qui a provoqué même des actions de grèves dans certains secteurs.

- Un déficit énorme en matière de consultations et de négociations bipartites et tripartites qui marginalise les travailleurs et leurs organisations dans la vie économique et sociale tant au niveau national qu’à celui des entreprises, y compris par rapport aux questions directement liées à leur existence.

- Un refus persistant de beaucoup d’employeurs de procéder à la mise en place des organes de représentation des travailleurs (collèges de délégués du personnel, comités consultatifs d’entreprise, comités d’hygiène et de sécurité), défiant impunément les conventions internationales et la législation nationale.

- Une détérioration des conditions de vie à cause d’un système de rémunération sans rapport encore avec le coût de la vie. Si l’augmentation de 50% des salaires des fonctionnaires et la révision à la baisse du taux de l’impôt sur les traitements et salaires (ITS) à partir de janvier 2006 sont à saluer, il est établi qu’elles n’ont pas apporté d’amélioration significative dans les conditions des travailleurs et des populations du simple fait de l’absence d’une régulation des prix des denrées de première nécessité et des services sociaux de base qui flambent de façon inadmissible.

- L’accentuation de l’émigration clandestine qui fait de notre pays un passage privilégié avec les drames humains qui en résultent.

 

Une situation tant mondiale que nationale qui interpellent la communauté internationale et les forces sociales en particulier pour un sursaut indispensable à l’avènement de conditions de vie décentes, à savoir manger à sa faim, boire à sa soif, se loger convenablement, s’habiller correctement, se soigner sans difficultés, éduquer ses enfants…etc. ; en somme, le respect de ce qu’il faut pour donner un sens au travail et à la vie.

 

Chers camarades militantes et militants

 

En cette journée mémorable, nous nous inclinons devant la mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leurs vies pour la cause d’émancipation des travailleurs et des masses laborieuses, pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, depuis la naissance de la production marchande jusqu’à nos jours en passant par Chicago et Philadelphie aux Etats-Unis en 1886 et 1887, par divers endroits de la planète jusqu’à Zouerate en Mauritanie le 29 mai 1968.

 

La Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie s’associe fermement au mouvement syndical international, à la société civile et aux peuples du monde pour revendiquer avec force un monde plus juste et plus équitable à travers une lutte conséquente contre la pauvreté et la discrimination à l’endroit des femmes, une juste répartition des richesses et l’introduction d’une forte dimension sociale à la mondialisation afin de lui donner un visage plus humain.

 

Par la même occasion, tout en saluant et soutenant le processus de transition dans notre pays, la CGTM demande aux autorités d’impliquer davantage les organisations syndicales dans sa gestion, de s’intéresser davantage aux domaines autres que le processus électoral (économique et social notamment) et de veiller au respect des engagements du CMJD et du gouvernement.

 

Sans vouloir abuser de votre temps, je ne saurai terminer sans réaffirmer les préoccupations de la CGTM relatives à la grave situation qui prévaut au Moyen Orient et dans certaines parties de l’Afrique. Il s’agit en particulier du drame que vivre les travailleurs et les peuples palestiniens et irakiens, de la difficile réconciliation nationale en Côte d’ivoire, des foyers de tension au Soudan, au Tchad, en République Démocratique du Congo et du conflit du Sahara occidental qui ne trouve pas encore de solution.

Nous réitérons notre soutien indéfectible aux travailleurs et peuples de ces pays pour le recouvrement de leurs droits et le respect de leurs choix, seul gage pour la paix et le développement économique et durable.

 

Chers Camarades

 

En cette journée mémorable, la CGTM réitère son appel à toutes les Organisations syndicales nationales pour unir leurs efforts en vue d’engager toutes les formes de lutte nécessaires pour l’application de l’accord du 16 janvier 2005 et la poursuite des négociations entre les partenaires (Gouvernement, Patronat et Travailleurs) autour des revendications légitimes des travailleurs pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Elle invite en particulier le Gouvernement et le Patronat à veiller à se conformer aux dispositions des conventions internationales et de la législation nationale, seul gage de la préservation de la paix sociale dans le pays.

 

Vive le 1er mai, fête internationale du travail !

 

Vive la solidarité internationale des travailleurs !

 

Gloire aux martyrs de la cause d’émancipation des masses travailleuses !

 

Gloire aux martyrs de Zouérate !

 

Pour la promotion et l’approfondissement du dialogue social !

 

Je vous remercie.


 

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Dernière modification : 18 février 2008