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Remonter ] [ Discours du Secrétaire général de la CGTM ] Cahier de revendications ] images du 1er mai 2005 ]

Discours du Secrétaire général de la CGTM

 


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Discours du Secrétaire Général à l’occasion du 1er mai 2005.

 

Monsieur le représentant du Gouvernement

Camarades représentant les Organisations syndicales nationales

Monsieur le représentant du Confédération Nationale du Patronat Mauritanien

Messieurs les représentants des Organisations de la société civile

Messieurs les représentants du Corps diplomatique et des Institutions internationales.

Militantes et militants de la CGTM

 

Nous célébrons aujourd’hui, à l’instar de centaines de millions de travailleurs à travers le monde, la fête du 1er mai, fête internationale du travail.

Le 1er mai intervient cette année dans un contexte particulièrement préoccupant pour le monde du travail.

En effet, au plan international, le processus inexorable d’une mondialisation ultra libérale de l’économie et des échanges sous la houlette de l’Organisation Mondiale du Commerce continue de faire peser les menaces les plus graves sur les travailleurs et les populations du monde entier, et singulièrement sur ceux des pays en voie de développement, à travers l’accentuation de la pauvreté dans le monde et de la fracture sociale entre les riches et les pays pauvres, le non-respect des principes et droits fondamentaux au travail de l’Organisation Internationale du Travail et des législations sociales de la part des multinationales et de gouvernements dans  beaucoup de pays du monde.

Si le début des concertations entre l’OMC et les Organisations syndicales internationales constitue un pas à saluer, il demeure que les préoccupations des travailleurs et des peuples par rapport au sort que leur réserve la mondialisation ultra libérale restent entières.

 Après l’échec des Plans d’Ajustement Structurel des Institutions Financières Internationales (FMI et Banque Mondiale) dans la quasi-totalité des pays où ils ont été initiés, avec comme conséquences sociales premières des pertes d’emplois, l’accentuation de la misère des travailleurs et des populations de façon générale, des programmes relais à travers les Cadres Stratégiques de Lutte contre la Pauvreté ( CSLP ) et /ou les Documents Stratégiques de Réduction de la Pauvreté ( DSRP ) ont été initiés depuis quelques années mais sans résultats substantiels encore du fait de la marginalisation des principales populations concernées et d’une mauvaise utilisation des ressources allouées.

On peut cependant se féliciter des nouvelles prédispositions des Institutions de Breton Wood quant à l’introduction d’une dimension sociale aux politiques de développement à mettre en œuvre dans les pays du sud en particulier. 

Au plan national, en plus de partager avec tous les pays du tiers monde les conséquences de l’ajustement structurel et de la mondialisation ultra libérale, la situation se caractérise par :

- La signature, pour la première fois depuis 20 ans, d’un accord entre les partenaires sociaux revalorisant le SMIG de l’ordre de 82% et consacrant des engagements importants des partenaires par rapport la protection sociale, à l’institutionnalisation du dialogue social, à la formation professionnelle, aux conventions collectives…etc. qui doivent être concrétisés à travers la poursuite des négociations ; et la CGTM s’en félicite vivement

- Une grande inquiétude qui habite les travailleurs du fait non seulement de la lenteur du gouvernement pour l’adoption du décret  instituant le nouveau SMIG national, mais aussi de l’esprit de rébellion que manifestent certains employeurs par rapport à l’application dudit accord et qui a provoqué même des actions de grèves dans certains secteurs.

- Un déficit énorme en matière de consultations et de négociations bipartites et tripartites, contrairement aux dispositions des conventions fondamentales N° 87 et N° 98 de l’OIT sur les libertés syndicales et le droit d’organisation et de négociations collectives   (pourtant ratifiées par notre pays) qui marginalise les travailleurs et leurs organisations dans la vie économique et sociale tant au niveau national qu’à celui des entreprises, y compris par rapport aux questions directement liées à leur existence.

- Un refus persistant de beaucoup d’employeurs de procéder à la mise en place d’organes de représentation des travailleurs (collèges de délégués du personnel, comités consultatifs d’entreprise, comités d’hygiène et de sécurité), défiant impunément les conventions internationales et la législation nationale.

- Une agitation sociale caractérisée par des conflits de travail au niveau de plusieurs entreprises (EREPS, GNC, ARAB CONTRACTORS, COMECA, SNIM…etc.)

- Une contribution de la CGTM au règlement de ces conflits avec l’ouverture des négociations et la signature de protocoles d’accord au niveau de plusieurs de ces entreprises ;

- Le regret de la CGTM devant l’attitude peu responsable de la Direction de la SNIM qui a présidé à l’affectation en brousse du 1er responsable de la Fédération des Mines et de la Sidérurgie affiliée à la CGTM, le camarade Mohamed Ould Cheikh, attitude qui viole l’esprit de l’accord du 27 avril 2005 ainsi que les conventions 87, 98  et 144 de l’OIT

- Une détérioration des conditions de vie à cause d’un système de rémunération  sans rapport avec le coût de la vie.  Si la mesure de réduction du taux de l’impôt  sur les traitements et salaires (ITS) en 2003 constitue une réponse à une vieille revendication des travailleurs et qu’il faut  saluer, il est établi qu’elle n’a pas apporté d’amélioration notable dans les conditions des travailleurs et des populations du simple fait de l’absence d’une régulation des prix des denrées de première nécessité et des services sociaux de base.

 Une situation tant mondiale que nationale qui illustre parfaitement le peu de respect des travailleurs et de leurs droits à des conditions de vie et d’emplois décents : manger à sa faim, boire à sa soif, s’habiller correctement, se soigner sans difficultés, éduquer ses enfants…etc. ; en somme, le respect de ce qu’il faut pour donner un sens au travail et à la vie.

 En cette journée mémorable, nous nous inclinons à la mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leurs vies pour la cause d’émancipation des travailleurs et des masses laborieuses, pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, depuis la naissance de la production marchande jusqu’à nos jours en passant par Chicago et Philadelphie aux Etats-Unis en 1886 et 1887, par divers endroits de la planète jusqu’à  Zouerate en Mauritanie le 29 mai 1968.

 

Monsieur le représentant du Gouvernement

Camarades représentant les Organisations syndicales nationales

Monsieur le représentant du Conseil National du Patronat Mauritanien

Messieurs les représentants des Organisations de la société civile

Messieurs les représentants du Corps diplomatique et des Institutions internationales.

Militantes et militants de la CGTM

La Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie s’associe fermement à la Confédération Internationale des Syndicats Libres et à tous ses affiliés, à tous les travailleurs et peuples du monde pour revendiquer avec force un monde plus juste et plus équitable, ce qui demande l’introduction d’une forte dimension sociale à la mondialisation afin de lui donner un visage plus humain par une lutte ferme contre la pauvreté.

Je ne veux pas vous retenir plus longtemps, mais je ne saurai terminer sans réaffirmer les préoccupations de la CGTM relatives à la grave situation qui prévaut au Moyen Orient  et au drame qui vivent les travailleurs et les peuples palestiniens et irakiens et auxquels nous réitérons notre soutien indéfectible pour le recouvrement de leurs droits et le respect de leurs choix.

Aussi, je formule les vœux les plus sincères  pour que les processus de paix et de réconciliation nationale entamés en Côte d’Ivoire, en République Démocratique du Congo et au Soudan aboutissent pour permettre aux travailleurs et aux peuples de ces pays de retrouver la paix et de s’adonner leur développement économique et social.

Monsieur le représentant du Gouvernement

Camarades représentant les Organisations syndicales nationales

Monsieur le représentant du Conseil National du Patronat Mauritanien

Messieurs les représentants des Organisations de la société civile

Messieurs les représentants du Corps diplomatique et des Institutions internationales.

Militantes et militants de la CGTM

En cette journée mémorable, la CGTM réitère son appel à toutes les Organisations syndicales nationales pour unir leurs efforts en vue d’engager toutes les formes de lutte nécessaires pour l’application de l’accord du 16 janvier 2005 et la poursuite des négociations entre les partenaires (Gouvernement, Patronat et Travailleurs) autour des revendications légitimes des travailleurs pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Elle invite en particulier le Gouvernement et le Patronat à veiller à se conformer aux dispositions des conventions internationales et de la législation nationale, seul gage de la préservation de la paix sociale dans le pays.

Vive le 1er mai, fête internationale du travail !

Vive la solidarité internationale des travailleurs !

Gloire aux martyrs de la cause d’émancipation des masses travailleuses !

Pour la promotion et l’approfondissement du dialogue social !

 

Je vous remercie.


 

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Dernière modification : 18 février 2008