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Collège des délégués du Personnel

de la COMECA à Nouadhibou

 

Nouadhibou, le 05 Juin 2005.

 

A Son Excellence Maaouya Ould SidAhmed TAYA,

Président de la République.

 

Objet : Demande dintervention pour le règlement

du conflit collectif COMECA Sa & Travailleurs.

 

Son Excellence,

Nous (licenciés de la COMECA) avons l’honneur de venir auprès de votre haute bienveillance, solliciter votre intervention pour solutionner le conflit collectif qui nous oppose à notre Direction depuis le 20 Avril 2005.

 A l’instar de tous les citoyens de ce pays, nous croyons fermement que la stabilité de la paix sociale passe avant tout par le respect de nos textes et lois dont vous êtes le garant.

Le conflit à un statut particulier dans la réflexion que l’on peut produire sur la société ; il peut être perçu comme particulièrement néfaste, mais il peut également être vu comme créateur de progrès social et d’ordre ; les conflits sociaux peuvent engendrer du bien-être par l’augmentation du niveau de vie et instaurer de nouvelles normes de paix sociale.

En votre qualité de Garant de la Constitution de notre Pays, nous avons le devoir de vous faire part de cette douloureuse affaire qui touche injustement de paisibles citoyens (pères de familles) qu’un certain Directeur est entrain de réduire à la mendicité et par conséquent, de pousser à la révolte si on n’y met pas fin.

Monsieur Le Président de la République,

 Voilà bientôt trois mois que nous sommes en conflit avec notre Directeur Général, Monsieur Sid’Ahmed Ould BERROU. En effet, suite à une plate-forme revendicative que nous avons introduite le 28 Février 2005 auprès de notre Direction pour réclamer certains de nos droits, et devant un refus catégorique de toute négociation de la part du Directeur Général,  nous avons fait un débrayage d’une heure qui a conduit le Wali à convoquer les deux parties (par le biais de l’Inspecteur Régional de Travail) pour tenter une conciliation.

Pour certains points, des consensus furent trouvés mais à la dernière minute, la société refusa toute concession. Ce ci entraîna l’établissement d’un procès-verbal de non conciliation.

Le 25 Avril 2005, le Directeur de la COMECA commença à licencier 2 agents, puis le 27 Avril 2005, un autre agent fut licencié et enfin, le 05 Mai 2005, il licencia 26 autres travailleurs (Un autre qui était en congé fut aussi ajouté à la liste des licenciés).

Les deux parties furent alors convoquées à la Direction du Travail le 12/05/05 pour une médiation. A ce niveau aussi, le Directeur de la COMECA resta intraitable et il y eut un désaccord total. C’est ainsi que la Commission de médiation formula des recommandations aux parties en conflit.

Les quatre jours francs que la loi prévoyait pour faire opposition aux recommandations passèrent sans qu’aucune des deux parties ne se manifeste. Sur la demande des travailleurs, l’Inspection Régionale du Travail délivra un certificat de non opposition aux recommandations de la médiation et après avoir fourni tous les documents nécessaires, ils formulèrent une requête auprès du Tribunal Régional du Travail pour une exécution forcée des recommandations de la commission de médiation.

Le 26/05/2005 le Tribunal Régional du Travail établit l’ordonnance No 12/05 d’exécution forcée des recommandations de la médiation et dont la date d’entrée en vigueur a expiré depuis le 14 Juin 2005. Depuis cette date, l’huissier en charge de l’affaire, n’arrive pas à obtenir la main forte du Procureur de la République qui dit avoir reçu ordre de sa hiérarchie de ne pas exécuter cette ordonnance.

Toutes les autorités ont été mises en contribution mais rien ne semble pouvoir ébranler la détermination du Procureur de la République…

Monsieur Le Président de la République,

Au moment ou  nous assistons à la farouche lutte que vous menez contre la pauvreté partout dans notre pays, le Directeur de la COMECA, lui, met 30 pères de familles à la porte. Ces licenciés cumulent 3 mois sans salaires alors qu’ils ont des épouses, enfants, loyers, etc. à leurs charges. Ainsi donc, Monsieur BERROU est entrain de renforcer le rang du chômage, un fléau dont vous êtes le premier adversaire. Ce Directeur croit être tout permis et intouchable du fait des relations privilégiées qu’il compte parmi la plus haute sphère dirigeante de notre pays.

Mais nous, nous croyons encore en la justice de ce pays qui a toujours fait prévaloir un état de droit.

Comptant sur la grande sagesse qui a toujours caractérisé votre haute personnalité et votre loyauté toujours sans faille, nous vous prions d’agréer, Monsieur Le Président de la République, l’expression de nos meilleures salutations.

 

Le Délégué du Personnel

Ba Amadou Yaya

 


Ci-joints :

-         Un dossier complet du conflit collectif COMECA & travailleurs

-         Nos mémos  (à voir en annexe)

 

Ampliations :

       Mr Le Ministre de la Justice

       Mr Le Procureur Général auprès de la Cour Suprême

       Mr Le Ministre de l’Intérieur

       Mr Le Wali de Dakhlet-Nouadhibou

       Chrono.

 

Annexes : (Mémos)

 

Le 28/02/05 Nous déposons une plate-forme revendicative auprès de notre Direction à laquelle, le Directeur Général, Monsieur Sid’Ahmed Ould BERROU, n’accorde aucune importance en refusant de discuter avec nos délégués du personnelle.

 

Le 29/03/05 Ayant constaté que la Direction ne veut fournir aucun effort pour discuter, nous passâmes à l’acte en observant un débrayage décrété de 9 heures à 10 heures. Ce ci, pour que des négociations soient ouvertes.

 

Le 30/03/05 Le Wali, contacté par le Directeur Général, convoque nos délégués pour les entendre sur cet acte. Après l’entrevue, le Wali ordonna à l’Inspecteur Régional du Travail de convoquer les deux parties en vu d’une conciliation.

 

Le 04/04/05  Première tentative de conciliation à l’Inspection du Travail.

 

Le 06/04/05  Deuxième tentative de conciliation à l’Inspection du Travail.

 

Le 11/04/05  Troisième et dernière tentative de conciliation qui s’est soldée par un échec. Au lieu que l’Inspecteur du Travail fasse son procès-verbal de non conciliation séance tenante (comme le prévoit la loi), et pour empêcher toute tentative de grève de la part des travailleurs, il donna un rendez-vous pour le 19/04/05 afin que chaque partie donne sa position écrite.

 

Le 19/04/05 Comme prévu, les parties se rencontrèrent à l’Inspection du Travail pour la signature du PV de non conciliation. A la suite de la signature du PV, l’Inspecteur Régional remit aux délégués une copie du PV assorti d’une fausse convocation à la médiation établie la veille (c’est à dire le 18/04/05) par le Directeur Adjoint du Travail, Monsieur Baba Ould Med El Veth qui voulait empêcher lui aussi, toute tentative de grève. Ce même jour vers 16 heures, le Directeur Général de la COMECA entreprend la mise en marche de sa machine de guerre : il commença déjà à convoquer l’un des travailleurs qu’il accuse d’instigateur de grève et lui donna une demande d’explication après l’avoir séquestré, menacé puis récupéré les clefs de son bureau.

 

Le 20/04/05 Réponse à la demande d’explication sanctionnée de trois jours de mise a pied. Les travailleurs ayant déjà un esprit surchauffé et constatant cette bavure de la part de la Direction, décrétèrent trois jours de grève (par la voix de leurs délégués auprès de la cheffe du personnel) conformément aux dispositions du code de travail.

 

Le 23/04/05 Reprise des travailleurs à 8 heures. Avant même qu’ils n’aient le temps de porter leurs tenues de travail, le Directeur leur ordonna de déguerpir pour les entasser comme des moutons dans l’enceinte de la société en disant "sortez de chez moi, vous vous croyez dans une boutique ou l’on entre et sort quand on veut…" Il distribua une pile de demandes d’explications. Au lieu d’attendre les 48 heures prévues par la loi, il donna l’ordre à tout le monde d’y répondre sur le champ ou de sortir de "sa maison". Devant le refus des travailleurs de s’exécuter, il fit recours à l’intervention de la gendarmerie. L’arrivée du Commandant de la Brigade Territoriale de CANSADO, départagea les deux camps : il demanda aux travailleurs, assis dans la cour, d’évacuer gentiment les lieux et ces derniers n’y opposèrent aucune résistance (LOOK-OUT).

 

Le 25/04/05 La COMECA procéda arbitrairement à:

     2 licenciements

     3 mise a pieds de 8 jours

     2 mise a pieds de 3 jours.

 

Le 27/04/05 La COMECA procéda à un troisième licenciement arbitraire.

 

Le 28/04/05 Deuxième convocation de médiation à la Direction du Travail pour le 09/05/05.

 

 

Le 01/05/05 Fête Internationale du Travail. Nos doléances ont été versées dans le cahier des doléances de la CGTM remis à Madame le Ministre du Travail par le Secrétaire Général de la CGTM, Monsieur Abdellahi Ould Med dit Nahah.

 

Le 05/5/05     Reprise d’un travailleur et licenciement de tous les 26 autres. Depuis ce jour, le Directeur de la COMECA se rua dans un bras de fer sans merci.

 

Le 09/05/05 La réunion prévue à la Direction du Travail est reportée pour le 12/05/05 à 10 heures.

 

Le 12/05/05 Tenue de la réunion de médiation à l’issue de laquelle un PV de médiation a été dresse :

       1ere partie : Désaccord total

       2eme partie : recommandations.

4 jours francs sont prévus par la loi pour que chaque partie fasse son opposition. Passé ce délai, ces recommandations deviennent exécutoires.

 

Le 18/05/05  L’Inspection du Travail délivra un certificat de non opposition aux recommandations de la médiation et les travailleurs introduisirent  auprès du Président du Tribunal Régional du Travail, une requête d’exécution forcée.

 

Le 26/05/05  Ordonnance d’exécution forcée du Tribunal de Travail qui à vingt jours pour entrer en vigueur.

 

Le 30/05/05  La COMECA introduit auprès de la cour d’appel une requête (référé) pour demander l’annulation de l’ordonnance (arrêt d’exécution) en arguant qu’elle a déposé une opposition des recommandations à la commission de médiation. Une fois de plus, le "très généreux" Baba Ould Med El Veth, Directeur Adjoint du Travail, vola au secours du "tout puissant" Berrou en lui établissant une fausse attestation d’opposition aux recommandations de la médiation.

 

Le 06/06/05  La cour d’appel rejeta la requête de la COMECA et confirma l’ordonnance du Tribunal de Travail. Ce ci mit fin définitivement à tout le parcours judiciaire.

 

Le 14/06/05  Dernier jour pour l’exécution de l’ordonnance. L’huissier de justice en charge de l’affaire, Me Abdel Baghui Ould Ahmed Mahfoudh, formula une demande écrite pour requérir la main forte du Procureur de la Republique (Mr Dah O/ Sidi Yahya). Celui-ci refusa la demande en disant qu’il a reçu ordre de sa hiérarchie pour ne pas exécuter l’ordonnance. Le Wali, saisi de cette nouvelle donne, promit de toucher qui de droit pour faire entendre la voix de l’Etat qu’il représente sur le plan régional.

 

Le 15/06/05  Le Procureur de la République s’absenta brusquement pour Nouakchott.

 

Le 16/06/05  Retour du Procureur de la République tard dans la soirée.

 

Le 17/06/05  Journée du Vendredi (jour de mosquée). Le Procureur de la République n’est pas à son bureau jusqu'à la fin d’heure (12 heures 00). Début du Week-end.

 

Le 20/06/05  Début de la semaine. Tous espoirs étaient permis. Mais à notre grande surprise, le Procureur a voyagé de nouveau pour des besoins personnels. Cette fois au moins, le Procureur Général assure son intérim. Ce dernier nous promet la main forte si on lui apportait la loi No 09/90 du journal officiel du 04 Avril 1990. Ce fut alors une véritable course contre la montre. Au lieu que ce soit la COMECA qui cherche cette loi ou à défaut le Parquet qui nécessairement doit en disposer, pour faire appliquer la loi ; nous avons été obligés de chercher partout (auprès de tous les magistrats et avocats de Nouadhibou) en vain.

 

Le 27/06/05  Jour de l’inauguration de la maison du livre No 2 de Nouadhibou. Nous profitâmes de l’arrivée du Ministre de l’Intérieur pour cette circonstance pour trouver un moyen de le rencontrer et lui poser le problème. Il reçu l’un de nos collègues qui lui fit la genèse du conflit et lui remit le dossier au grand complet. Le Ministre promit de s’occuper personnellement de ce problème. Notre rencontre auparavant, dans la matinée, avec le Procureur de la République fut encore une fois sans succès.

 

Le 30/06/05  Le Wali reçoit le Secrétaire Général du SNPMM, assurant l’intérim du Coordinateur Régional de la CGTM, le Camarade Ba Thierno, Absent pour un séminaire à Nouakchott et lui dit que le Procureur de la République a promis de donner main forte aussitôt que la loi demandée lui parvenait.

 

Le 05/07/05  Aujourd’hui,

Nous avons enfin cette loi. Quand nous nous sommes présentés au bureau du Procureur de la République, on nous fait entendre qu’il s’est absenté pour quatre jours. Le Procureur Général qui a été touché (la loi 09/90 à l’appui) déclina à nouveau notre demande en se justifiant par le fait que le Procureur Absent ne l’a pas désigné comme intérimaire. Une fois de plus, nous primes le chemin de la Willaya. De là et sur instructions du Wali, le Moucaid Administratif, nous demanda de patienter et attendre le retour du Procureur.


 

 

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Dernière modification : 26 août 2007