Confédération Générale
des Travailleurs de Mauritanie
CGTM
3ème congrès
ordinaire, 19-21 décembre 2005
Rapport sur la
situation organisationnelle et les réformes/améliorations à envisager aux
prochains congrès professionnels et à celui de la centrale
Préambule
Le 3èmecongrès
ordinaire se déroulera du 19 au 21 décembre 2005, après la tenue des congrès
des syndicats et fédérations professionnels pendant le mois d’octobre.
IL sera question des
événements majeurs qui doivent être l’occasion de méditer sur notre
expérience organisationnelle afin d’identifier les faiblesses et lacunes qui
gênent notre marche et d’apporter les améliorations nécessaires et possibles
pour permettre à notre centrale de mieux jouer son rôle.
I. Analyse diagnostique
Héritée de l’unique
Centrale qui existait dans le pays, la structuration de la CGTM n’a connu
des réajustements que lors de son 2èmecongrès ordinaire tenu en
Juillet 2001. L’émergence de nouvelles réalités dans le paysage syndical
national comme la nécessité de la syndicalisation et de l’organisation des
femmes, des jeunes et des travailleurs de l’économie informelle entre
autres, ont conduit le congrès à réaménager le dispositif organisationnel
surtout au niveau du comité exécutif par l’introduction de nouveaux
secrétariats .
Toutefois, plusieurs
incohérences et disfonctionnements ont été constatés dans la mise en œuvre
du nouveau dispositif, en particulier au niveau des syndicats et fédérations
professionnels et des coordinations régionales.
Par ailleurs, la campagne
mondiale lancée par la Confédération internationale des syndicats libres
(CISL) pour renforcer les capacités des organisations nationales affiliées
dans la lutte menée contre les effets néfastes de la mondialisation et pour
le respect et l’application des droits sociaux et économiques des
travailleuses et travailleurs de toutes les régions du monde, nécessite un
système d’organisation syndicale adapté au contexte de l’heure. C’est dans
ce cadre que la CGTM, à la veille de son 3ème congrès ordinaire
du 19 au 21 décembre 2005, a élaboré le présent rapport qui a comme
objectifs :
I.1 Objectif Global :
L’amélioration du système
d’organisation et du fonctionnement des instances et structures par une
modernisation de la structuration tant verticale qu’horizontale.
I.2 Objectifs Spécifiques :
-
parachèvement de
la structuration confédérale de la Centrale
-
amélioration du
fonctionnement et de l’efficacité des instances
-
meilleure
représentativité des organes de direction
-
meilleure
structuration et spécialisation des départements de l’Exécutif
II. Etat des lieux des instances et structures
verticales et horizontales
Depuis sa création, la
CGTM a fonctionné avec les instances et structures suivantes :
-
Le Congrès ;
-
Le Conseil
Confédéral ;
-
Le Bureau
Confédéral ;
-
Le Comité
Exécutif ;
-
Les Syndicats
et Fédérations professionnels ;
-
Les
coordinations régionales ;
-
Les sections de
base.
Le fonctionnement et la
corrélation de ces instances n’ont pas toujours permis de réaliser les
performances d’encadrement et de direction des travailleurs et de leurs
luttes dans un contexte national marqué par :
-
une diminution du
taux de syndicalisation et des effectifs;
-
la volonté de
remise en cause des acquis des travailleurs;
-
l’implosion du
mouvement syndical et son émiettement suite au pluralisme.
Consciente de
l’importance des structures et de leur fonctionnement pour l’accomplissement
de sa mission, la CGTM se fait une analyse diagnostique de l’état de son
dispositif organisationnel afin d’entreprendre les réformes et/ou
améliorations nécessaires.
II.1 Le Congrès
Cette instance
fondamentale, instance suprême de la Confédération, doit être un lieu de
débats et d’analyse des grandes préoccupations des adhérents et des
travailleurs sur la base de rapports nationaux présentés par la direction de
la centrale et soumis aux syndicats et fédérations professionnels à
l’occasion de leurs congrès respectifs.
II.2 Le Conseil confédéral
Il a été remarqué que
depuis la création de la Centrale, cette instance n’a jamais fonctionnée et
demeure inconnue de beaucoup de militants. Son existence et son maintien ne
semblent plus pertinents et alourdissent par contre la structure
organisationnelle.
II.3 Le Bureau confédéral
le
système de représentation existant a permis de rendre l’organe délibérant de
notre Centrale plus démocratique à travers la qualité de membre de droit
accordée aux secrétaires généraux des syndicats et fédérations
professionnels.
Toutefois, des lacunes
importantes persistent, notamment :
-
La représentation
encore insuffisante des femmes et des jeunes.
-
L’absence des
coordinations régionales au sein de l’organe délibérant
II.4 Le Comité exécutif
Malgré les différentes
innovations positives apportées lors du 2èmecongrès ordinaire de
2001 (prise en compte des dimensions genre, nouvelles technologies, économie
informelle et VIH/SIDA), d’autres dimensions importantes ne sont pas encore
convenablement intégrées pour une meilleure prise en charge des
préoccupations syndicales actuelles qui nécessitent des expertises et la
spécialisation des dirigeants qui ont la tâche de représenter les
travailleurs au niveau tant national qu’international. Il s’agit notamment
du Développement syndical, de la Recherche et des Etudes, de la Gestion des
Projets qui sont des enjeux importants que nous devions intégrer dans
l’organigramme de l’exécutif pour évoluer et cadrer avec les exigences de la
situation.
II.5 Les Syndicats et Fédérations
professionnels
Au nombre de 24 depuis le
2ème congrès de juillet 2001, ces instances ont constitué le plus
lourd handicap à la réalisation des missions syndicales que nous nous sommes
définies. Inefficaces parfois, inadaptés tantôt, léthargiques le plus
souvent, les syndicats et fédérations n’obéissent pas à une logique
organisationnelle efficace et souple dont la finalité est de faire face aux
préoccupations des travailleuses et travailleurs affiliés.
Des secteurs et branches
socioprofessionnels continuent d’être organisés dans un même syndicat, ce
qui ne permet pas de prendre suffisamment en charge les préoccupations
spécifiques des uns et des autres, d’optimiser les ressources tant humaines
que financières. C’est le cas notamment des industries, des banques, des
services et du commerce qui sont organisés dans un seul syndicat, du
développement rural, de l’environnement et des travailleurs de la terre qui
sont organisés dans des syndicats différents.
La structure
organisationnelle mérite d’être améliorée pour plus d’efficacité dans les
missions, ce qui passe entre autres mesures par fédérer tous les syndicats
qui peuvent l’être pour avoir des instances fortes et populaires capables
d’influer sur le rapport de force.
II.6 Les Coordinations régionales
Elles existent dans douze
capitales régionales du pays sur les treize. Assurant des missions de
relais, leur efficacité demeure une préoccupation pour la Centrale. Des
efforts importants ont été déployés pour leur assurer une vie
organisationnelle normale mais des blocages subsistent et méritent d’être
élucidés, en vue de leur trouver des solutions. On a remarqué, ces deux
dernières années, le rôle important joué par certaines coordinations dans le
recrutement et l’organisation de nouveaux membres dans le secteur de
l’économie informelle en particulier et dans le développement des structures
interprofessionnelles ; mais l’absence des coordinateurs régionaux au sein
de l’organe délibérant de la centrale (Bureau Confédéral) ne contribue pas à
mieux associer les coordinations dans la prise des décisions et à optimiser
leur rôle.
II.7 Les Sections de base
Structures de base des
syndicats professionnels, les sections de base vivent à l’image des
structures mères, le plus souvent léthargiques et/ou inefficaces.
Les limites des pouvoirs
des coordinations pour prendre certaines décisions (à caractère
organisationnel notamment) qui relèvent des syndicats professionnels
constituent un handicap dans la gestion de ces sections de base dans les
régions. Il est urgent de rechercher une démultiplication et une souplesse
dans l’organisation de ces structures pour rapprocher davantage nos
prestations des travailleuses et travailleurs qui, souvent, sont livrés à
eux-mêmes face à des employeurs plus organisés.
III. Réformes et mesures d’amélioration
A la lumière de l’analyse
diagnostique ci-dessus, nous suggérons les réformes et/ou mesures
d’améliorations suivantes :
III.1 Au niveau du congrès
Tous les documents oui
seront soumis au congrès doivent être étudiés au préalable par les
fédérations et syndicats affiliés. Leurs délégués porteront les points de
vues au congrès confédéral, ce qui suppose leur transmission dans les délais
nécessaires à leur étude sérieuse.
III.2 Le conseil confédéral
III.3 Au niveau du Bureau Confédéral
Renforcer sa
représentativité par :
-
l’obligation
d’avoir 1/3 de femmes dans le nombre de membres élus du BC
-
l’attribution de
la qualité de membre de droit aux Secrétaires généraux des fédérations
affiliées et aux coordinateurs régionaux
-
la prise en compte
de la représentation des jeunes au sein de l’instance
III.4 Au niveau du Comité Exécutif
a.
Instituer des Départements à la place des
secrétariats exécutifs et les restructurer comme suit :
-
Département de
l’administration et des finances
-
Département du
développement syndical
-
Département des
négociations collectives et des normes
-
Département de la
communication et de la presse
-
Département de la
formation et de l’économie informelle ?
-
Département de
l’égalité (femmes, jeunes)
-
Département de la
santé et de la sécurité au travail (santé, hygiène, sécurité et VIH/SIDA)
-
Département des
relations internationales et de la gestion des projets
-
Département
de la recherche et des études ?
b.
Avoir 1/3 de femmes dans le Comité Exécutif
III.5 Au niveau des syndicats professionnels
Fédérer tous les secteurs
qui peuvent l’être tout en respectant le maximum possible la structuration
des fédérations Syndicales Internationales (FSI).
A titre d’exemples :
-
Le développement
rural, les travailleurs de la terre, les industries alimentaires et les
hôtelleries dans une même fédération (agriculture et alimentation)
-
L’enseignement
fondamental, l’enseignement secondaire et l’enseignement privé dans une même
fédération (enseignement ou éducation)
-
L’infrastructure
et les travaux publics dans une même fédération (bâtiments et
infrastructures)
-
La santé et la
sécurité sociale et… dans une même fédération
-
L’administration
générale et les contractuels de l’Etat dans une même fédération (services
publics)
-
Le commerce, les
banques, et les services dans une même fédération ;
-
Les mines et les
hydrocarbures dans une même fédération (mines et énergie)
-
Les gens de la
mer, les industries de pêches (et la pêche artisanale) dans
une même fédération (pêches) ;
-
Les ports, les
dockers ports et les dockers ville dans une même fédération
-
….etc.
III.6 Au niveau des coordinations régionales
En plus de la présence
des coordinateurs au sein de l’organe délibérant de la centrale, il est
nécessaire de voir comment renforcer leurs prérogatives en matière de
gestion des sections de base, notamment en cas de carence manifeste de
celle-ci.
III.7 Au niveau des sections de base
Il conviendrait de les
démultiplier pour rapprocher les prestations syndicales des travailleurs.
Un projet de révision des
statuts prenant en compte les innovations proposées accompagne ce document
de travail.
Le Comité Exécutif
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