Confédération Générale
des Travailleurs de Mauritanie
CGTM
3ème congrès
ordinaire, 19-21 décembre 2005
Rapport sur la question du
genre
I. Introduction
Le genre est l’attitude
différente des femmes et des hommes qui s’est développée par le biais de la
culture et de l’éducation. Les différences socioculturelles peuvent être
changées avec le temps et peuvent largement varier en leur sein et entre
elles.
Ce qui nous pousse à
analyser les rôles et les responsabilités, les défis et les occasions ainsi
que les relations entre les personnes impliquées.
L’égalité des chances et
du traitement entre hommes et femmes ne doit pas être considérée comme une
question spécifique aux femmes, mais une préoccupation au cœur même des
activités globales de toute nation, de tout mouvement syndical, sachant déjà
qu’il existe une inégalité et que nous devons lutter pour changer cette
situation.
Cette question du genre
constitue aujourd’hui une préoccupation majeure partout dans le monde, aussi
bien pour les organisations internationales, les gouvernements, les partis
politiques, les syndicats que pour beaucoup d’organisations de la société
civile. Rares sont les causes pour lesquelles l’ONU et d’autres
organisations internationales ont suscité un appui aussi intense et aussi
vaste que la campagne menée pour promouvoir et protéger des droits des
femmes et proclamer l’égalité des sexes en tant que droit fondamental de la
personne humaine.
Et pour causes ?
Les femmes représentent
plus de la moitié de la population de la planète et constituent l’une des
couches les plus vulnérables, victime de discrimination et d’injustices de
toutes sortes, de marginalisation dans la vie économique, politique et
sociale des nations.
C’est ainsi que
plusieurs conventions et recommandations ont été adoptées par l’OIT depuis
sa création pour encourager cela tels que : les conventions 100, 103, 111,
156…etc., et le protocole 89 relatif à la convention sur le travail de nuit.
Pour renforcer cette
action de l’OIT, les syndicats libres se sont regroupés dans une
organisation internationale, la Confédération Internationale des Syndicats
Libres (CISL) pour défendre à travers le monde entier les intérêts et droits
des travailleurs et en particulier ceux des femmes.
Partant de sa situation
objective et cette orientation mondiale en matière d’approche genre, la CGTM
a vite pris conscience de l’importance du rôle de la femme dans la dynamique
des activités syndicales, ce qui l’a emmener à définir une orientation et
créer, lors de son 2èmecongrès ordinaires de 2001, un Secrétariat
Exécutif chargé des femmes et des jeunes.
Cette orientation
découlait des faits et constats suivants :
-
La faible
participation des femmes aux activités syndicales due aux répercussions des
pesanteurs sociales et sociologiques pour la grande majorité d’entre elles
et un manque d’organisation pour d’autres.
-
Le faible accès
des femmes aux emplois rémunérés depuis les années d’indépendance.
-
La crise
économique qui a touché la majorité des ménages suite aux plans d’ajustement
structurel du FMI et de la Banque Mondiale et à la sécheresse qui ont incité
les femmes à s’intéresser aux activités productives, surtout dans le secteur
de l’économie informelle.
-
La campagne
mondiale de la CISL «les syndicats pour les femmes, les femmes pour les
syndicats» qui a invité toutes les organisations affilées à y participer
activement.
Elle s’était fixé
comme objectifs globaux :
-
Renforcer la
syndicalisation des femmes et accroître le nombre des membres
-
Réduire les
disparités de genre au sein de la centrale par l’accroissement du nombre
de femmes dans les instances de direction et de prise de décisions ;
-
Améliorer la
motivation des femmes travailleuses pour les activités syndicales
Cette orientation devait
aboutir à la mise en place d’un mouvement national des femmes travailleuses
de la CGTM comme cadre approprié pour une meilleure prise en compte des
spécificités des femmes pour, et palier le plus vite possible aux
insuffisances que : La faible syndicalisation des femmes travailleuses et
leur faible implication dans les instances de direction et de prise de
décisions des syndicats en Mauritanie.
Pour mettre en œuvre son
orientation et atteindre les objectifs visés, la CGTM a introduit une
requête auprès de la CISL pour le renforcement des capacités de ses femmes
travailleuses.
Cette requête a donné
naissance à deux projets de collaboration :
-
Un projet
2003-2006 de «Renforcement des capacités syndicales des femmes pour la
réduction des disparités de genre dans une perspective de développement
humain durable» avec le Mouvement pour la Solidarité Internationale de
la CGSLB de Belgique sur financement de la Direction de la Coopération au
Développement ;
-
Un projet
2004-2005 de «Renforcement des capacités organisationnelles des femmes
travailleuses pour accroître leur syndicalisation et leur rôle dans les
structures de la CGTM» sur financement de la Confédération
Internationale des syndicats Libres (CISL).
A l’occasion du 3èmecongrès
ordinaire, il est essentiel de mesurer le chemin parcouru et les axes de
poursuite du travail pour l’avenir.
II. La CGTM et la question du genre depuis le
congrès de 2001
Depuis la création du
Secrétariat Exécutif chargé des femmes et la mise en place du Comité
National Provisoire des Femmes, des progrès importants ont été enregistrés
en matière d’égalité et de renforcement des capacités organisationnelles,
syndicales et professionnelles des femmes.
La CGTM ne peut qu’être
fière des résultats obtenus et pour la réalisation desquels nos partenaires
(MSI et CISL), ont largement contribué.
Ces résultats se
traduisent, sans que la liste soit exhaustive, comme suit :
-
Près de 6000
nouvelles femmes recrutées et qui ont adhéré à la CGTM, faisant passer le
pourcentage des femmes dans les effectifs de la centrale de 15% en juin 2003
à près de 31% en 2005 ;
-
02 comités de
pilotage composés de femmes formées méthodes de conduite de projets
-
13 Comités
régionaux implantés et couvrant les 13 régions du pays
-
113
Comités sectoriels implantés à travers les 13 régions du pays
-
des sessions
d’information et de formation syndicale et en NTIC
-
Augmentation
sensible du nombre de femme actives
-
Accroissement du
nombre de cadres femmes
-
Présence
désormais organisée de la CGTM, à travers les femmes, dans le secteur de
l’économie informelle ;
-
Début
d’initiation de micro projets au profit des femmes travailleuses de
l’économie informelle ;
-
La question de
genre est désormais intégrée dans tous les programmes syndicaux.
-
Enfin, les
prochaines assemblées statutaires de la centrale ne manqueront pas de
matérialiser le renforcement de la présence des femmes dans les instances de
direction et de prise de décisions.
Malgré les pas
accomplis, il reste beaucoup d’efforts là fournir pour réduire les
disparités de genre et tendre vers l’égalité.
III. Quelle orientation pour les prochaines
années ?
III.1 Il s’agit avant tout de consolider, sur
tous les plans, les acquis réalisés et ensuite d’élargir les actions vers
les secteurs encore vierges ou peu touchés en terme de sensibilisation, de
recrutement et d’organisation des femmes.
III.2 Axer principalement sur le secteur de
l’économie informelle qui, par excellence, est le mieux à mesure de donner
au mouvement des femmes travailleuses une représentativité nationale ; à cet
effet, la motivation doit constituer une composante essentielle de tous les
programmes à mettre en œuvre.
III.3 Renforcer la solidarité et la
coopération avec nos partenaires du Nord et les organisations syndicales de
la sous région pour des échanges d’expériences et un appui réciproque dans
la lutte pour l’égalité à travers une réduction progressive des disparités
de genre.
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