Confédération Générale
des Travailleurs de Mauritanie
CGTM
3ème
congrès ordinaire, 19-21 décembre 2005
RAPPORT SUR
LA COMMUNICATION SYNDICALE
I. L’importance de la communication
Une organisation qui
ne communique pas restera inconnue des travailleurs, de l’opinion en général
et sera victime de tous les préjugés défavorables.
Dans toute entreprise
(les organisations syndicales étant des entreprises) la communication joue
un rôle primordial pour les raisons suivantes :
-
C’est un moyen de
mettre au même niveau d’information tous les militants et sympathisants
de l’organisation sur les activités, conquêtes et difficultés
rencontrées dans la mise en œuvre des tâches et plans définis, et les
associer à la recherche des solutions ;
-
C’est un outil pour
informer l’opinion publique des principes fondateurs, des efforts
déployés pour la réalisation des objectifs fixés, des acquis ou
difficultés rencontrées, et lui permettre ainsi de juger la conséquence
de l’organisation syndicale ;
-
C’est un moyen de
susciter un débat contradictoire, mais constructif, dans le monde du
travail, entre les partenaires et au sein de la société civile de façon
générale.
II. Les outils de communication syndicale
Les outils pour assurer
la communication syndicale sont multiples.
Sans que la liste soit
exhaustive on peut citer :
·
Les permanences
·
Le journal
·
Les circulaires
internes
·
Les déclarations
et communiqués de presse
·
La messagerie
électronique, le Web, etc.…
II.1 Les permanences syndicales
- à l’intention des
syndicats et des adhérents en priorité, mais aussi les salariés non
syndiqués.
- Elles doivent être
assurées régulièrement et par des camarades disponibles, compétents, qui ont
un sens d’écoute, et efficaces dans les réponses aux interrogations des
visiteurs.
- Toutes les questions
importantes soulevées ayant ou n’ayant pas trouvé de réponses suffisantes
doivent être consignées dans un registre pour être étudiées par les
instances compétentes.
Cette
forme de communication, qui est fondamentale, suppose des structures
fonctionnelles et dynamiques.
II.2 Le journal
Le journal qui est la
forme de communication habituellement utilisée dans des pays comme le nôtre,
est, au fil des temps, devenu indispensable dans la vie des organisations de
masse en général et celle des travailleurs en particulier.
Il est à la fois un
moyen d'information, de formation et d'organisation :
- information sur les
luttes menées par les travailleurs tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de
leur pays par divers moyens : pétitions en riposte à la violation des
libertés syndicales, manifestations contre la hausse des prix, grève après
échec des tentatives de conciliation et de médiation pour ne citer que
quelques exemples à titre d'illustration ;
- formation par les
expériences directes et indirectes ;
- organisation parce
qu'il va servir, par sa régularité et son contenu, de lien entre les
différentes structures.
II.3 Les circulaires internes
Elles sont destinées aux
structures professionnelles et interprofessionnelles pour véhiculer les
directives, les plans d’action, les informations internes et les rapports
d’activités.
II.4 Les déclarations et communiqués de presse
Ils sont utilisés
essentiellement pour des informations à diffuser pour la presse et l’opinion
publique.
II.5 La messagerie électronique et le site Web
En plus du fait que ces
deux outils permettent de véhiculer les informations en un temps record, le
site Web a un autre avantage qui consiste à abriter une base de données
anciennes et récentes relatives à tous les domaines d’activités de
l’organisation.
D'autres outils de
communication comme la radio, la télévision…etc., peuvent être utilisés.
Cependant, l'absence des médias privés dans notre pays d'une part, et les
restrictions à l’accès aux médias publics d'autre part, nous ont obligés
jusque-là, à ne faire recours qu’à ces formes d’expression. Il faut espérer
qu'avec les changements en perspective, des pas importants pourront être
franchis dans ce domaine.
Consciente de
l’importance de l’enjeu que constitue la communication, la CGTM avait créé
dès son deuxième congrès ordinaire, un secrétariat chargé de
l'Administration et de la Communication, avec une commission spécialisée.
Il est
donc nécessaire, à l'occasion de ce troisième congrès, de faire le bilan de
l’expérience de notre centrale afin de dégager les acquis, les faiblesses et
les perspectives.
III. L’expérience de la CGTM depuis son 2ème
congrès de 2001
Nous distinguerons à ce
niveau trois étapes importantes : la première se résumant aux tentatives
menées pour la parution du journal « Echo CGTM », la seconde étant consacrée
à l'utilisation des déclarations et des communiqués de presse comme autre
moyen de communication et la troisième enfin à l'utilisation de l'Internet.
III.1 Le journal «Echo CGTM»
Les activités de la CGTM
dans le domaine de la communication étaient,
pendant longtemps,
essentiellement centrées sur l'élaboration et la diffusion du
journal «Echo CGTM»
Après un début
prometteur et quelques livraisons assez bien appréciées par les
travailleurs, ce journal a connu des difficultés majeures :
-
Faiblesse de
moyens dans la mesure où les recettes provenant de la vente des parutions à
raisons de 50 UM par numéro, n'étaient pas suffisantes pour couvrir les
charges d'impression et de distribution, la centrale ne disposant pas assez
de ressources à l'époque ;
-
Manque de cadres
disponibles pour assurer les tâches indispensables de recherche de
l’information et leur mise sous forme rédactionnelle.
La commission instituée
au niveau du secrétariat chargé du secteur était composée des membres du
bureau confédéral, désignés sans tenir compte ni de leur aptitude, ni de
leur motivation à accomplir la mission demandée. Le peu de camarades
susceptibles d'apporter des contributions sont souvent non disponibles,
accaparés par leurs tâches professionnelles, l'activité syndicale étant chez
nous essentiellement bénévole.
Quelques tentatives de
redressement avaient été menées mais les résultats n’ont pas été à la
hauteur des attentes.
III.2 Utilisation des déclarations et des
communiqués de presse
Ces formes de
communication ont été utilisées pour des activités ponctuelles et
conjoncturelles. IL s'agit des déclarations et des communiqués de presse à
l'occasion des événements nécessitant la prise de position de notre
centrale. En plus des lettres circulaires adressées aux coordinateurs
régionaux, aux secrétaires généraux des syndicats professionnels et
fédérations, des banderoles, des pancartes et cahiers de doléances à
l'occasion des festivités du 1er mai de chaque année, ces formes de
communication ont joué leur rôle non sans quelques difficultés et
insuffisances parmi lesquelles on peut noter :
et i
-
La traduction en
arabe
-
La reproduction
-
La diffusion.
La traduction en arabe
est une nécessité dans la mesure où la grande majorité de nos militants sont
alphabétisés dans cette langue. Très souvent, cette traduction n'est pas
faite au moment opportun ou pas du tout, ce qui limite la portée du message.
La reproduction en
nombre suffisant d'exemplaires n'est pas assurée, souvent par manque de
moyens.
La diffusion est faite
par distribution aux militants qui se présentent au siège de la centrale,
par courrier aux coordinateurs régionaux et secrétaires généraux des
syndicats professionnels et fédérations et enfin par la presse indépendante.
Très souvent, l'accomplissement des tâches n'est pas pris fermement en main
si bien que beaucoup d'efforts entrepris n'ont pas été couronnés de grands
succès.
III.3 L’usage des Nouvelles Technologies de
l’Information et de la Communication
Grâce à nos partenaires,
la Francophonie syndicale de la CISL, le projet de la CISL (Bureau d’Amman)
de soutien au développement syndical dans les pays arabes et la Centrale
Générale des Syndicats Libéraux de Belgique à travers le projet de
collaboration entre le Mouvement pour la Solidarité Internationale (MSI) et
sur financement de la Direction Générale de la Coopération au Développement
de Belgique, la CGTM a :
-
Acquis des
ordinateurs ;
-
Eu une connexion
Internet ;
-
Procédé à la
formation de quelques militants ;
-
Et créé un site
web.
Ainsi les Nouvelles
Technologies de l’Information et de la Communication sont entrées dans ses
activités de tous les jours et fournit un nouvel outil de communication.
Toutes les prises de positions et informations d’actualité syndicale ou
générale depuis 2003 sont sur notre site et à la portée de tous ceux qui
peuvent y accéder.
Il faut cependant noter
qu’un obstacle de taille demeure, à savoir le coût encore élevé de la
connexion à Internet et la formation limitée des militants et responsables.
IV. Quelles politiques pour les prochaines
années ?
Les Technologies de
l’Information et de la Communication constituent un puissant outil de
communication qu’il faut intégrer davantage dans la vie quotidienne de
l’organisation à travers le renforcement des équipements et leur
décentralisation, la formation des cadres dirigeants et d’encadrement et une
gestion efficiente du site web.
Mais
compte tenu des limites et/ou obstacles qui empêchent l’Internet d’être
accessible à la majorité des gens que nous visons, il est important de
développer l’usage des autres outils de communication comme :
-
Les permanences
qui favorisent le contact direct et procurent plus de possibilités
d’éducation ;
-
Le journal, les
déclarations et communiqués de presse à grand tirage dans les principales
langues d’usage et qui pourront toucher plus de personnes ;
-
Les circulaires internes
qui assurent une liaison entre les structures et instances de la centrale.
Enfin,
il faudra disposer de cadres expérimentés, disponibles et motivés pour
prendre en charge la communication de la centrale.
Le Comité Exécutif |