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Confédération générale des travailleurs de Mauritanie

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CONFEDERATION GENERALE DES TRAVAILLEURS DE MAURITANIE

CGTM

 

ALLOCUTION DE ABDALLAHI OULD MOHAMED DIT NAHAH SECRÉTAIRE GENERAL DE LA CGTM 3e CONGRÈS ORDINAIRE CGTM

 

Siège CENI (ex-Assemblée Nationale) Nouakchott, du 19 au 21 décembre 2005

 

THÈME : LA CGTM ET LA CAMPAGNE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

 

Excellence, Monsieur le Premier ministre,

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres,

Messieurs les Directeurs du Travail et de l'Emploi, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des

Missions Diplomatiques,

Camarade OBA Blanchard Secrétaire Général de COSYLAC du Congo Brazzaville

Camarade Mademba Sock Secrétaire Général de l'UNSAS du Sénégal, Camarade Mody Guiro Secrétaire Général de la CNTS du Sénégal,

Camarade Oumar Dicko de l'ORAF / CISL,

Camarade André Bruynel Chargé des affaires internationales de la CGSLB de Belgique

Camarade Jean Louis Békamba du Secteur International de Force-

Ouvrière de France

Camarades Abdelouahed Bencherifa et Mohammed Benhamou de la FDT du Maroc,

Camarade Représentant de la CSTM du Mali, Chers Invités Camarades Congressistes, Mesdames et Messieurs,

 

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à ce troisième congrès ordinaire de la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM) qui se tient dans ce beau et symbolique lieu qui abrite le siège de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), instance fondamentale dans le dispositif entrepris pour la transparence des scrutins électoraux et la démocratie véritable que notre organisation salue au passage.

En effet, notre troisième congrès ordinaire intervient dans un contexte nouveau dans le pays caractérisé par les changements du 03 août 2005 et après les fructueuses journées nationales de la concertation auxquelles la CGTM a pris une part active à l'instar de toutes les forces vives nationales.

Cette ère nouvelle de transition qui s'ouvre renferme des espoirs de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses de notre Centrale et de toute la population de notre chère Patrie, attachés plus que jamais à exercer librement et pleinement leurs droits fondamentaux dans un environnement d'une réelle démocratie, d'exercice des libertés, de répartition équitable des richesses nationales et valorisation du patrimoine commun à l'ensemble de nos compatriotes. La CGTM, tout en renouvelant son engagement à jouer pleinement son rôle dans ce processus, reste préoccupé par les dures réalités qui affectent les conditions de vie et de travail des travailleurs et travailleuses de notre pays.

En effet, au niveau international, la Mondialisation ou la Globalisation qui gouverne sur les rapports dans le monde tant dans les domaines du commerce, des investissements, de la finance, de l'organisation de la production à l'échelle mondiale, mais aussi de l'interaction sociale et politique entre organisations et individus , a déclenché une série de changements de grande ampleur auxquelles personne ne peut échapper.

Les évolutions techniques et technologiques obtenues par le progrès des sciences et des connaissances ont fondamentalement transformé le paysage global et imprimé de nouveaux types de réalités qui caractérisent la marche du monde.

Cependant, les différents mécanismes mis en œuvre pour servir de soubassements à cet immense potentiel engendré par la mondialisation, génèrent des déséquilibres et des disparités entre les hommes, les sociétés et les continents.

Dès lors, il est à remarquer que les contradictions acerbes et aiguës et des luttes engagées et fermes vont devoir opposer les différents courants d'idées mondiaux pour le leadership sur la marche du monde et le partage de ses richesses et de ses biens à travers des programmes qui revêtent un caractère de plus en plus universel.

Les interrogations et les incertitudes de la grande majorité des peuples et populations de la planète traduisent le désarroi et l'effroi qu'ont engendré les inégalités et la vicissitude de la trajectoire actuelle de la marche de cette mondialisation.

Les différents acteurs mondiaux politiques , économiques, sociaux entre autres , réfléchissent davantage aux meilleurs moyens de renforcer les forces capables d'imprimer un autre rythme à cette mondialisation en lui donnant une dimension plus humaine et sociale.

C'est dans ce cadre que le Directeur Général du BIT a soumis à l'Assemblée Générale des Nations Unies et qui l'a adoptée, une proposition de la création d'une commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation auprès de cette institution internationale dont le Rapport a été déposé en Février 2004 et qui sera examiné très prochainement dans le cadre de la revue de la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire par cette Assemblée Générale.

Les organisations syndicales mondiales dont la Confédération Internationale des Syndicats Libres ( CISL ) est l'avant garde, ont créé un vaste regroupement dans le cadre des Global Unions, et avec la Société Civile internationale, ne cessent d'engager des campagnes mondiales de lutte afin de parvenir à la prise en compte de cette dimension sociale dans tous les programmes élaborés et exécutés par les Institutions Financières Internationales, l'Organisation Mondiale du Commerce, les Multinationales par la mobilisation de tous leurs affiliées et des citoyens dans tous les continents et ont initié une vaste campagne intitulée Action Mondiale Contre la Pauvreté (AMCP).

La CGTM, dont le thème central de son 3eme congrès ordinaire que nous ouvrons ce jour, s'inscrit dans cette dynamique, préoccupée qu'elle est par l'ampleur que cette pauvreté prend de plus en plus dans notre pays, surtout dans les couches les plus vulnérables que sont les femmes et les jeunes.

En Mauritanie, où le taux de pauvreté avoisine les 56% de la population, force est de constater qu'une politique vigoureuse pour son éradication doit être menée et clairement appliquée dans l'implication de tous les acteurs concernés. Les différents Cadres Stratégiques de Lutte contre la Pauvreté (CSLP), n'ont jusqu'à présent pas répondu à cette attente des organisations syndicales dont la CGTM et certainement aussi des autres acteurs qui ont des rôles incontournables à y jouer. Nous osons espérer que dans le cadre du programme du gouvernement de transition, et à la faveur des changements du 03 août 2005 intervenus dans notre pays, une politique de bonne gouvernance telle que réclamée et approuvée dans un large consensus par les journées nationales de la concertation, va enfin voir le jour et permettra d'assurer une meilleure répartition des immenses richesses nationales au profit de tous les segments de notre société. L'emploi décent est la meilleure garantie de la réussite de tout programme de développement économique et social et les travailleurs et travailleuses ainsi que les jeunes à la recherche de l'emploi y aspirent profondément. La Mondialisation est devenue un phénomène qui touche toutes les parties du monde mais ses effets néfastes sont plus ressentis par les pays en développement qui doivent élargir et renforcer des espaces de solidarité mondiaux afin de les atténuer.

Toutefois,les travailleurs des différents continents, aux quatre coins du monde, connaissent et ne cessent de connaître les violations multiples et multiformes de leurs Droits et sont exposés de plus en plus à la sous- traitance, à l'externalisation, à des contrats temporaires et à toutes autres formes d'emplois précaires qui sont les corollaires de la mondialisation actuelle et qui se manifeste entre autres, en Afrique par :

  • l'implantation vertigineuse des zones franches industrielles ou d'exportation dans lesquelles les femmes travailleuses constituent une forte proportion de la main d'œuvre victimes des pires formes d'exploitation, d'abus et mauvais traitements.

  • Les gros investissements orientés vers des régions du monde dont l'Afrique, où les conditions de vie et de travail, les droits des travailleurs et travailleuses sont ignorés et combattus engendrant des bénéfices exorbitants pour des Multinationales véreuses et cupides défendues par des Etats despotiques et peu soucieux des conditions de la grande majorité de leurs populations, et ne reculant jamais devant cette course effrénée vers le plus de profits.

  • l'érosion des revenus des pays faibles et en voie de développement dont l'Afrique, qui bien que disposant de matières premières destinées principalement à l'exportation, ne profitent pas de ces richesses naturelles à cause de la concurrence déloyale et des règles draconiennes auxquelles sont soumis leurs produits pour pouvoir être compétitifs sur le marché mondial et par les mécanismes de subvention que les pays riches octroient à leurs producteurs comme les agriculteurs européens par exemple.

En outre, les emplois créés dans les pays en développement dont une part déterminante est occupée par l'économie informelle, deviennent plus précaires de jour en jour et ceci dans un environnement où les droits fondamentaux de travail sont inexistants sinon bafoués et lesquels, par conséquent, ne contribuent pas à la

lutte contre la pauvreté fixée comme objectif prioritaire du Millénaire pour le Développement.

A cet effet, nous estimons que le travail décent qui consiste à donner à chaque être humain la possibilité d'exercer un travail productif et convenablement rémunéré, une sécurité au travail, une protection sociale pour les familles, une amélioration des perspectives de développement personnel et d'intégration sociale, une liberté d'exprimer ses préoccupations, de s'organiser et de participer à la prise de décisions sur leur vie, une égalité de chances et de traitement pour les hommes et les femmes, doit être au cœur des stratégies mondiales, nationales et locales relatives aux progrès économique et social.

Le travail décent joue un rôle fondamental dans les efforts tendant à lutter contre la pauvreté et constitue un moyen de réaliser un développement durable fondé sur l'équité et l'inclusion.

Nous notons hélas que la Mondialisation actuelle aggrave davantage les déséquilibres dans ce domaine par un chômage et un sous- emploi, des emplois de faible qualité et improductifs, une absence de sécurité et de filets de protection sociale, une précarité des revenus, une inégalité entre les sexes, une exploitation des travailleurs migrants et une absence de représentation et de possibilités d'expression.

Nous estimons que pour favoriser et aller vers la réalisation du travail décent, il faut mener des actions au niveau mondial en mobilisant les principaux acteurs du système multilatéral et l'ensemble des forces vives de toutes les nations du monde à travers le respect et l'application des Droits des travailleurs et travailleuses dont l'Organisation Internationale du Travail ( OIT ) a élaboré les Conventions les plus pertinentes que sont les Normes Internationales de Travail.

Dans ce cadre, forte de la vision stratégique de son Secrétaire Général, le camarade GUY Ryder, la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) a adopté lors de 18eme congrès tenu à Miyazaki au Japon en décembre 2004, la résolution de fusionner avec la Confédération Mondiale du Travail (CMT) ainsi qu'avec toutes les Fédérations Syndicales Internationales (FSI) qui le désirent. Cet important événement, attendu courant 2006, contribuera certainement à harmoniser et consolider les rangs des travailleurs du Monde dans leurs luttes pour une Mondialisation plus juste et équitable.

La CISL, le Global Unions et les Centrales Syndicales Nationales dont la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie ( CGTM ) , en oeuvrant pour le renforcement du mouvement syndical international, vont contribuer d'une manière décisive pour l'insertion d'un cadre de justice sociale dans les relations économiques internationales basées sur le dialogue social, le respect des Droits fondamentaux des travailleurs afin d' assurer un travail décent à tous les travailleurs et toutes les travailleuses dans toutes les parties du monde.

Avant de terminer, je tiens à renouveler ma sympathie et ma reconnaissance pour toutes les organisations syndicales amies qui ont fait des milliers de kilomètres pour partager avec nous ces moments de bonheur, qu'ils trouvent ici l'expression de notre détermination à renforcer cette amitié et cette solidarité entre travailleurs du

Maghreb Arabe, de l'Afrique et du Monde.

Je vous remercie de votre aimable attention.

 


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Dernière modification : 16 novembre 2005