RAPPORT NATIONAL
Cours A100215 du 05 au 30 avril 2004 CIF-OIT Turin
«Renforcement des capacités en matière
d’organisation»
Présenté par
M. ALY MOCTAR BA

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A. Le Contexte
national
1. Présentation du pays
Située à la charnière entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, la
Mauritanie est un vaste territoire d’une superficie de 1.030.700 km2 pour
une population totale de l’ordre de 2.800.000 d’habitants.
Le
pays est largement ouvert à l’Ouest sur l’Océan atlantique par une façade
maritime longue de près de 700 km. Il est limité au Nord-Ouest par le Sahara
Occidental, au Nord-Est par l’Algérie, à l’Est et au Sud-Est par le Mali et
au sud-Ouest par le Sénégal.
La
Mauritanie, qui a accédé à l’indépendance le 28 novembre 1960, a vécu sous
le régime du Parti unique jusqu’en 1991, année à laquelle une nouvelle
constitution a consacré la démocratisation et le pluralisme politique et
syndical. Le régime est de type présidentiel avec deux chambres
parlementaires, l’Assemblée Nationale et le Sénat.
Il
est divisée au plan administratif comme suit :
- 13
régions ou wilaya dirigées par des Walis ou Gouverneurs
-
53 Moughataas ou Départements dirigés par des Hakems ou Préfets
-
208 conseils municipaux dirigés par des maires
La
situation est marquée par une crise politique née de la dernière élection
présidentielle avec l’arrestation par le Président sortant (candidat à sa
propre succession) de son principal concurrent et de son staff à 72heures du
scrutin et pour ne les libérer qu’à la veille du scrutin.
Le
processus démocratique a été marqué depuis son début par des élections
frauduleuses et l’absence de dialogue entre le pouvoir et l’opposition,
exception faites pour les élections municipales et législatives de 2001 dont
la transparence a permis, pour la première fois à l’opposition d’entrer au
Parlement et de contrôler des municipalités.
Le
milieu bioclimatique a subit, à l’instar des autres pays de la sous-région
sahélienne, une dégradation croissante suite à la sécheresse et à la
désertification entamées depuis les années 1970 et leurs effets conjugués
sur le mode d’exploitation et de gestion des ressources naturelles.
Les
sécheresses successives et la détérioration du milieu naturel ont provoqué
un grand phénomène de sédentarisation, faisant passer les nomades ruraux de
73% en 1965 à 33% en 1977 et seulement à 5% en 1999. La population urbaine
est ainsi passée de 3% dans les années 1960 à plus de 53% en 1998 avec
l’installation des ruraux dans les espaces péri-urbains, en particulier à
Nouakchott et Nouadhibou la capitale économique.
Nouakchott, la capitale politique, est le principal pôle d’attraction des
flux migratoires et abriterait près du quart de la population totale du
pays.
2.
Les principaux axes de la politique économique et sociale (*1)
Au
début des années 1980, la Mauritanie s’est trouvée confrontée à
d’importantes difficultés économiques consécutives à des cycles répétitifs
de sécheresse, politiques économiques à la conjoncture mondiale marquée par
la récession, à des choix économiques inadaptés et aux conséquences de la
guerre au Sahara Occidental : accroissement vertigineux de la dette
Sur
le plan social, la situation était difficile : un taux de scolarisation dans
l’enseignement fondamental inférieur à 40%, un taux d’analphabétisme de la
population de 10 ans et plus supérieur à 65%, un accès particulièrement
limité aux structures sanitaires et à l’eau potable, notamment, dans les
zones rurales et une profonde et intense pauvreté (plus de 56% de la
population en deçà du seuil de pauvreté).
C’est dans un tel contexte que, sous la houlette du FMI et de la Banque
Mondiale, le Gouvernement a engagé une nouvelle politique économique marquée
par :
-
Le
Programme de Redressement Economique et Financier (PREF) 1985-1988
-
Le
Programme de Consolidation et de Relance (PCR) 1989-1991
-
Les
Documents – Cadres de Politiques Economique (DCPE) dont le dernier
(1999-2002) visait le redressement des déséquilibres macro-économiques, la
relance de la croissance et à jeter les bases d’une économie de marché.
-
Le
Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) depuis 2001
Haut de
page
2.1
Les secteurs moteurs de l’économie :
2.1.1 Le secteur rural
Dans
le du contexte global de croissance et de production, le secteur rural
occupe une place de premier ordre du fait des résultats attendus de son
développement (sécurité alimentaire, lutte contre la pauvreté en milieu
rural, équilibre économique régional, environnement, exportations…etc.).
La
production du secteur rural (agriculture et élevage) représente en moyenne
20% du PIB et concerne directement plus de 50% de la population. Les
ressources du sous-secteur de l’agriculture sont constituées de 502.000 ha
de terres arables dont 5.500 ha d’oasis, 137.400 ha irrigables, 139.000 ha
de terres de décrues ( en année de forte crue) et 220.000 ha de terres
exploitables en pluvial ( maxima en année de très bonne pluviométrie). Les
principaux produits sont le mil, le sorgho, le maïs, le riz et les légumes.
Quant au sous-secteur de l’élevage, les ressources et potentialités sont
énormes, malgré les effets de la sécheresse :
1.394.000 bovins, 1.185.000 camelins et 11.393.000 ovins/caprins, 250.000
asins et 63.000 équins. Malgré ses atouts et potentialités, la contribution
du secteur est en deçà des attentes et constitue encore le terreau de la
pauvreté, du chômage, du sous-emploi et des emplois saisonniers ( déjà en
1996 les ruraux constituaient 56% de la population sédentaire et 76% des
pauvres).
2.1.2 La Pêche
Dans
le domaine de la pêche, le potentiel de prélèvement permissible est évalué à
1.151.000 tonnes par an dont 65.000 t de céphalopodes, 132.000t de poissons
démersaux, 980.000 t de pélagiques, 7.000 t de crustacées, 301.000 t de
praises et 26.000 t de thons. La flottille industrielle est évaluée 453
unités en 1998 dont environ 40% de navires nationaux, avec plus de 3000
embarcations pour la pêche artisanale. Le secteur représente environ 54% en
moyenne des recettes d’exportation, 27% des recettes budgétaires et
contribue pour 5 à 6% au PIB. Il procure plus de 30.000 dont plus de 20.000
dans la pêche artisanale.
Les
accords de pêche avec l’Union Européenne sont considérés comme un bradage
des ressources halieutiques du pays et se font sans associations des
partenaires sociaux et notamment des travailleurs.
2.1.3 Les Mines
Après la pêche, le secteur des mines est un gisement d’opportunités
économiques. Les gisements de minerai de fer de la Kédia, des Guelbs et de
Mhawdat, actuellement en exploitation recèlent encore d’importantes réserves
estimées à 250 millions de tonnes en minerai riche et plusieurs millions de
tonnes en minerai pauvre.
Les
prospections en cours indiquent l’existence de pétrole (dont l’exploitation
peut commencer dans deux ans), d’or, de diamant, de tourbes, de zinc, de
manganèse, d’uranium…etc.
2.2
Les secteurs sociaux
2.2.1 L’éducation
L’éducation et la formation sont réalisées par plusieurs départements
ministériels. En plus du Ministère de l’Education Nationale (MEN) qui a en
charge les enseignements fondamental, secondaire et supérieur, d’autres
Ministères ont en charge l’enseignement professionnel et c’est le cas :
-
du Secrétariat d’Etat à l’Alphabétisation et à l’enseignement originel ;
-
du Secrétariat d’Etat à la condition Féminine pour l’enseignement
préscolaire et la formation pour la promotion féminine ;
-
du Ministère de la santé et des affaires Sociale (Ecole Nationale de Santé
Publique) ;
-
le Ministère des pêches et de l’Economie Maritime (Ecole Nationale
d’Enseignement Maritime et des Pêches) ;
-
du Ministère du Développement Rural et de l’Environnement (Ecole Nationale
de Formation et de Vulgarisation Agricole, Centre de Formation
Professionnelle Rural de Boghé) ;
-
du Ministère de l’Hydraulique et de l’Energie (Ecole des Métiers de la
Société Mauritanienne d’Electricité) ;
-
du Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi (5 centres de Formation
Professionnelle et l’Ecole Nationale d’Administration)
Dans
ce dispositif, le Ministère de l’Education Nationale occupe une position
centrale avec, en 1999, 14.300 agents (soit 62% des effectifs de la fonction
publique), 2.800 écoles et établissements, 418.000 élèves et étudiants et
25% du budget de fonctionnement de l’Etat.
Le
taux brut de scolarisation dans l’enseignement fondamental est estimé à
85% ; mais si on se réfère aux perditions scolaires dans les différents
cycles et à la qualité des enseignements, on se rend compte de la crise
profonde que traverse l’enseignement et la formation dans le pays, crise qui
a poussé à la mise en place d’une nouvelle réforme et la réécriture des
programmes depuis 3 ans dans le 1er cycle du secondaire avec renforcement
des matières scientifiques et des langues étrangères ( Français et anglais
notamment).
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page
2.2.2 La santé et la sécurité sociale
a.
La Santé
Dans
le domaine de la santé, deux plans directeurs (1991-1996 et 1998-2002) ont
été mis en œuvre face à la situation préoccupante du secteur. L’objectif
principal était la mise en œuvre des soins de santé primaire avec le concept
« Initiative de Bamako ». Le système de recouvrement des coûts a été
institué et s’est étendu, depuis 1993, à 53 centres de Santé, 199 Postes de
Santé et 417 Unités de Santé de Base.
Concernant le personnel de santé, et sur une période de 10 ans, le nombre de
médecins à plus que doublé (167 en 1991 à 349 en 1999), celui des Infirmiers
d’Etat s’est accru de 67% (352 à 588). Pour les autres catégories du
personnel, l’augmentation, sur la même période, a été de 33% pour les
techniciens supérieurs (176 à235), de 26% pour les infirmiers médico-sociaux
(585 à 736) et de 21,5% pour les sages-femmes (177 à 215). Sur le plan
budgétaire, le secteur a absorbé, en moyenne, 6% du budget de fonctionnement
de l’Etat avec une progression de 0,5% par an pour atteindre 8% en 2002. Les
dépenses de santé non salariales dans le budget ont atteint 43% en 1996
contre 29% en 1991.
Les
réformes et les moyens mobilisés ont permis d’améliorer quelque peu la
situation sanitaire des populations. L’accessibilité géographique aux
formations sanitaires de base a atteint 78% (dans un rayon de 10 km), le
taux de mortalité infantile a décliné (105%o en 1996 contre 131%o en 1985)
et l’espérance de vie à la naissance a augmenté passant de 49,2 ans en 1990
à 53ans en 1998.
Malgré ces progrès, la situation sanitaire des populations, et notamment
celles vivant dans le secteur rural, demeure préoccupante. Cela est
imputable à des contraintes liées à l’environnement du secteur de santé
(pauvreté, mentalités et comportements rétrogrades, aménagements
hydro-agricoles, détérioration de l’environnement…) et à une série d’autres
facteurs comme l’accès insuffisant aux services, la mauvaise qualité des
soins, la faiblesse de la prévention, les limites en termes de capacités
d’administration et de gestion du Ministère…etc.
b.
La Sécurité sociale
Concernant la sécurité sociale, le pays dispose de deux régimes, celui géré
par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) pour les travailleurs
salariés du Code du Travail et du Code de la Marine Marchande et celui des
fonctionnaires géré par la Caisse des retraites de l’Etat.
b.1
Le Régime de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale
Elle
couvre trois branches : les prestations familiales, les risques
professionnels et les pensions de vieillesse. Son administration est assurée
par un conseil d’Administration tripartite à raison de :
- 5
représentants des employeurs ;
- 5
représentants des travailleurs parmi les Organisations les plus
représentatives ;
-
5 représentants du Gouvernements (Ministère du Travail, Ministère des
Finances, Ministère de la Santé, Ministère du Plan et la Banque Centrale).
Les
ressources de la CNSS sont constituées essentiellement par les cotisations
patronales et salariales pour le financement des différentes branches. Ces
cotisations sont de 16% sur un plafond de rémunération soumise à cotisation
de 50.000 Ouguiya (environ 160 euros) et réparties comme suit :
-
15% à la charge de l’employeur dont 2% destinés à la Médecine du Travail ;
-
1% à la charge du travailleur.
A
cela s’ajoutent les majorations de retard de paiement des cotisations, les
produits des placements des fonds, les dons et legs et toutes autres
ressources attribuées à la CNSS par un texte législatif ou réglementaire.
Les
prestations en espèce comprennent :
-
Les prestations familiales ( l’allocation prénatale, la prime à la
naissance, les allocations familiales, l’indemnité journalière de maternité
et l’aide à la mère et aux nourrissons sous forme de prestations en nature).
-
Les risques professionnels dont les prestations comprennent les soins
médicaux, une indemnité journalière en cas d’incapacité temporaire, une
rente lorsque l’incapacité devient permanente et une allocation de frais
funéraires en cas de décès.
-
Les allocations de vieillesse qui comprennent la pension de vieillesse, la
pension d’invalidité et l’allocation de vieillesse.
Les
prestations en nature :
Elles sont servies dans le cadre du Fonds d’Action Sanitaire et Sociale
(FASS) dont la mission est de :
-
faire face aux dépenses pour toute action de prévention générale, de
prévention des accidents de travail ;
-
créer et entretenir des centres d’action sanitaire tels que ceux de
Protection Maternelle et Infantile (PMI) et les jardins d’enfants ;
-
octroyer des subventions (aide financière) aux Institutions dont les
activités présentent un intérêt pour les assurés et leurs familles.
Ce
régime, en plus du fait qu’il ne couvre pas l’assurance maladie et à
l’assurance chômage, est confronté aujourd’hui à d’énormes difficultés :
-
faible taux de recouvrement des cotisations patronales avec un nombre de
travailleurs déclarés très en deçà de la réalité ;
-
blocage depuis trois ans du Conseil d’Administration par le Patronat qui
assure la présidence et revendique la privatisation de la sécurité sociale ;
-
la démission du Gouvernement qui a la tutelle technique et financière de la
CNSS, mais qui laisse faire le Patronat et est redevable de beaucoup de
millions vis à vis de la Caisse.
Les
Organisations des travailleurs quant à elles, n’arrivent pas à avoir une
unité d’action pour peser plus lourdes face aux autres partenaires.
La
CGTM, qui a organisé un séminaire sur la sécurité sociale et la stratégie
des syndicats en 2003 s’emploie à jeter les bases d’une concertation en vue
d’une unité d’action entre les différentes organisations syndicales des
travailleurs.
B.2
Le régime des fonctionnaires
Les
agents titulaires de la Fonction publique bénéficient dans l’exercice de
leurs fonctions d’un régime de protection sociale qui comprend :
-
Les prestations familiales
-
Les pensions d’invalidité professionnelle ou non professionnelle
-
Une prise en charge partielle des frais médicaux
-
Des revenus de remplacement servis par la caisse des pensions dont la forme
juridique est un compte spécial au Trésor public et non un Etablissement
public.
Il
est financé par des prélèvements de 6% sur les traitements des
fonctionnaires et de 12% à la charge de l’Etat-employeur, soit un total de
18%.
Ce
régime, comme celui de la CNSS, connaît beaucoup de problèmes résultant :
-
de son âge ;
-
du gel des recrutements à la fonction publique qui limite les recettes
pendant que les dépenses pour la prise en charge des personnes âgées
augmentent.
Il
présente, en outre, la caractéristique d’être géré de façon opaque par le
Gouvernement, à lui seul.
2.2.3 L’emploi
C’est seulement en juin 1995 que le gouvernement a adopté la déclaration de
Politique de population et qui a constitué une étape importante sur la voie
de l’élaboration d’une approche globale et cohérente des problèmes de
population et d’emploi.
Mais
c’est surtout entre 1995 et 1997 que les fondements de la politique de
promotion de l’emploi ont été établis. En effet, c’est au cours de cette
période et à l’issue d’un processus de réflexion, d’études et de débats qu’a
été élaboré « le Document-Cadre de Politique de l’Emploi », validé par les
Etats Généraux de l’Emploi en février 1997.
Le
document-Cadre de Politique de l’Emploi s’était fixé les quatre objectifs
prioritaires suivants :
-
Promouvoir la croissance en emplois en faisant de l’emploi un aspect
essentiel et toujours pris en compte dans les programmes de développement ;
-
Appuyer le secteur privé, principal acteur de la réduction du chômage, en
définissant et en favorisant les facteurs de dynamisation des initiatives et
des activités privées ;
-
Réduire le sous-emploi rural en soutenant l’émergence d’activités
diversifiées et davantage génératrices d’emplois ;
-
Faciliter l’accès des groupes défavorisés au marché du travail en menant
une action ciblée en faveur des groupes sociaux qui rencontrent des
difficultés de trouver du travail, en particulier les femmes et les jeunes
non qualifiés ou non scolarisés.
Un
plan d’action en matière d’emploi ainsi que des mesures complémentaires
accompagnaient ce Document-Cadre.
Depuis sa validation, ce Document n’a pas été mis en œuvre conformément à
son esprit et évalué de façon concertée, de sorte qu’il est difficile
d’évaluer son impact. Les données officielles disponibles sont partielles,
incomplètes et ne sont pas toujours fiables.
A
titre d’illustration, la population active en 1999 est estimée à 620.000
(occupés et chômeurs) dont 66% d’hommes et 34% de femmes, et le taux de
chômage de 21%.
Il
n’existe pas aujourd’hui de statistiques fiables et actuelles en matière
d’emploi et de chômage.
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page
B. Le contexte syndical
Jusqu’en 1993, il n’existait qu’une seule centrale syndicale, l’Union des
Travailleurs de Mauritanie (UTM). Avec la Constitution de juillet 1991 qui a
institué le pluralisme politique et syndical, de nouvelles Organisations
syndicales ont vu le jour.
On
est aujourd’hui en présence de quatre centrales syndicales et de quatre
syndicats autonomes.
Les
centrales sont les suivantes :
-
L’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM) la plus ancienne et dont
l’affiliation à la CISL est suspendue depuis décembre 2003 pour des raisons
de non indépendance vis-à-vis du Gouvernement et d’absence de démocratie
syndicale ;
-
La Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM), dissidence
de l’UTM en 1993 après le putsch syndical opéré par le Gouvernement au
lendemain de la grève générale de 48 heures de juin 2001, affiliée à la
CISL ;
-
La Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM), dissidence de
la CGTM au lendemain de son 1er congrès ordinaire de février 1995, affiliée
à la CMT,
-
L’Union des Syndicats Libres de Mauritanie (USLM), non affiliée encore ;
-
L’Union Générale des Travailleurs de Mauritanie (UGTM), dissidence de l’UTM
en janvier 2003, non affiliée encore.
Les
Syndicats autonomes :
-
Le Syndicat Autonome des Dockers ;
-
Le Syndicat autonome de l’Enseignement Fondamental ;
-
Le Syndicat des Professeurs de l’Enseignement Secondaire ;
-
Le Syndicat de l’Enseignement Supérieur.
La
structure des centrales syndicales est pratiquement la même : Union de
Fédérations et/ou Syndicats professionnels, elles ont une structure
verticale et une structure horizontale.
La
structure verticale va du Congrès Confédéral en passant par le Conseil
National ou Confédéral, par le Bureau Confédéral ou National de l’Union,
par le Bureau National ou Fédéral du Syndicat ou de la Fédération pour
arriver à la section de base.
La
structure horizontale, quant à elle, part du Bureau Confédéral de l’Union ou
de la Confédération pour aller aux sections de bases des syndicats ou
fédérations professionnels en passant par les Coordinations ou Unions
régionales.
Les
Centrales comme les Fédérations, les Syndicats, les Coordinations régionales
et les sections de base assurent les trois fonctions fondamentales d’un
syndicat, à savoir la fonction de représentation, celle d’éducation et la
fonction normative. Le taux de syndicalisation dans le pays, selon les
effectifs déclarés par les différents Organisations de travailleurs (et qui
ne sont pas toujours fiables) serait de l’ordre de 25 à 30%. Les femmes
représenteraient 10 à 15% de cette population syndiquée, tandis que les
jeunes restent encore marginaux, ce qui joue négativement sur le dynamisme
des syndicats.
Le
manque voire l’inexistence du dialogue social, le manque d’unité d’action
syndicale entre les différentes centrales et autres Organisations autonomes
limite considérablement l’impact du mouvement syndical dans la vie
économique et sociale du pays. En d’autres termes, on constate que si le
pluralisme a consacré une liberté d’organisation qui a permis l’éclosion du
mouvement syndical, il a, par ailleurs, contribué à son émiettement et à sa
faiblesse en l’absence d’une unité d’action réelle pour créer un contre
poids aux autres partenaires.
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page
C.
Les principaux problèmes liés à l’organisation des travailleurs
Les
principaux problèmes liés à l’organisation des travailleurs sont les
suivants :
1.
le découragement de beaucoup de travailleurs qui jugent les syndicats
inefficaces, donc inutile de perdre son temps.
En
effet, les syndicats n’arrivent pas à faire face efficacement aux
différentes préoccupations des travailleurs à cause en partie de
l’inexistence d’une unité d’action entre principale condition pour réaliser
un rapport de force pouvant imposer aux autres partenaires
(Gouvernement et Patronat) la satisfaction de leurs revendications ;
2.
les entraves au libre exercice du droit syndical de la part de responsable
du Gouvernement et du Patronat qui recourent parfois même (périodes de
conflits et/ou d’élections) aux intimidations et aux sentiments pour
neutraliser l’action des syndicats ;
3.
l’éclosion du secteur de l’économie informelle qui abrite aujourd’hui plus
du tiers de la population active du pays, mais qui échappe totalement à la
législation du travail et par rapport auquel les syndicats n’ont encore
aucune stratégie cohérente (intégration, recrutement et organisation ou
forme de coopération pour la prise en charge de leurs préoccupations)
D.
La politique de formation syndicale et
les activités d’organisation de la CGTM
1.
La politique de Formation
La
politique de formation syndicale de la CGTM repose sur deux volets :
-
Les séminaires de formation dans le cadre de la coopération multilatérale
(BIT, CISL, ORAF/CISL.
-
Les activités de formation nationale qui sont encore embryonnaires et qui
consistent à l’exécution de programmes centraux ou sectoriels, mais limitées
par des problèmes de moyens.
Pour
illustrer ce volet, nous avons ci-dessous le plan d’action du Secrétariat
chargé de la Formation pour l’année 2004 :
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Secrétariat Exécutif charge de la Formation et des NTIC
Plan
d’Action 2004
1.
Objectifs Généraux:
1.1. Formation syndicale d’un contingent de cadres des secteurs
professionnels pour soutenir le plan de redressement organisationnel de la
CGTM.
1.2. Renforcement de l’équipement et de la formation dans le domaine des
NTIC
1.3. Création de conditions pour l’application d’une politique de formation
permanente
2.
Objectifs Spécifiques:
2.1.
Renforcement des capacités en matière de formation des Fédérations et
Syndicats professionnels
2.2.
Renforcement des capacités des Secrétariats exécutifs et des Coordinations
régionales dans les domaines des NTIC
3.
Activités:
3.1.
Former un animateur de base pour chacun des principaux secteurs
professionnels
3.2.
Former les cadres centraux et certains cadres intermédiaires à l'utilisation
de l'informatique et de l'Internet.
3.3
Créer un site web.
3.4.
Poursuivre les démarches pour obtenir un local pouvant abriter l’Institut de
formation (ancienne bourse du travail, terrain).
3.5.
Rechercher les moyens financiers pour l'acquisition d'un minimum de
matériel pour les activités de formation.
4.
Moyens:
-
Rencontres avec les responsables et cadres des secteurs professionnels et
les coordinateurs régionaux
-
Moyens matériels et financiers
-
Ressources humaines
-
Manuels de formation
-
Requêtes auprès de partenaires (BIT, Francophonie syndicale)
-
Relance du Ministère chargé du Travail et suivi
-
Demandes de terrain au Ministère des Finances et suivi
5.
Les acteurs
-
Secrétaire Exécutif chargé de la Formation et des NTIC
-
SG CGTM
-
Secrétaires Exécutif chargé de l’Organisation
-
Secrétaire Exécutif chargé des Affaires Internationales
-
Secrétaire Exécutif chargé des Finances
-
Secrétaires Généraux des Fédérations et Syndicats professionnels cibles
-
Coordinateurs des régions cibles
6.
Personne responsable
Secrétaire exécutif chargé de la Formation et des NTIC
Ce
plan d’action sera assorti d’une planification dans le temps
2.
Les activités en matière d’organisation
La
CGTM a défini, lors de son 2eme congres ordinaire tenu du 15 au 17 juillet
2001 à Nouakchott, un axe d’orientation stratégique qui consistait en
la mise en place d’un Secrétariat Exécutif National charge des femmes et des
jeunes avec comme objectifs globaux :
-
la syndicalisation des femmes travailleuses aussi bien dans le secteur
formel que dans celui de l’économie informelle ;
-
la création de mouvements nationaux des femmes travailleuses et des jeunes
travailleurs.
Cette orientation découlait des constats suivants :
-
la
faible participation des femmes aux activités syndicales due aux
répercussions des pesanteurs sociales et sociologiques pour la grande
majorité d’entre elles et un manque d’organisation pour d’autres.
-
le
faible accès des femmes aux emplois rémunérés depuis les années
d’indépendance.
-
crise économique qui a touche la majorité des ménages suite aux Plans
d’Ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale et qui a incite les
femmes à s’intéresser aux activités productives, surtout dans le secteur de
l’économie informelle.
-
campagne mondiale de la CISL les syndicats pour les femmes, les femmes pour
les syndicats qui inviter toutes les organisations affiliées a y participer
activement.
Pour
mettre en application la résolution de son 2eme congrès ordinaire, la CGTM
a introduit une requête auprès de la CISL pour rechercher les financements
nécessaires à la réalisation des objectifs visés.
Depuis début 2003, la CGTM s’emploie, en collaboration avec ses partenaires,
à la mise en œuvre de deux projets pour les femmes :
2.1.
La Centrale Générale des Syndicats Libéraux de Belgique (CGSLB) a travers le
Mouvement pour la Solidarité Internationale (MSI) et en collaboration ave le Ministère Belge charge de la Coopération se sont engagés dans un
processus de mise en œuvre d’un projet intitule : « Renforcement des
Capacités Syndicales des Femmes Travailleuses en Mauritanie pour la
réduction des disparités de genre dans une perspective de développement
humain durable ».
Ce
projet d’une durée de 3 ans (2003-2005) avec l’année 2003 comme année
préparatoire qui a consiste à la formation des chefs de projets et du Comité
de Pilotage, à l’identification et à la planification opérationnelle du
projet, est entré dans sa 2eme année avec un Plan d’Action Femmes (PAF) dont
les principaux axes de travail sont :
Actions de terrain
-
l’Information (création d’un site Web et d’un bulletin trimestriel)
-
la
Formation syndicale
-
la
Formation professionnelle et technique (NTIC)
-
La
motivation syndicale avec l’institution d’une mutuelle expérimentale de
crédit.
-
La
modernisation syndicale
-
Création d’un Espace Cyber bureautique - Centre de formation
-
Information et Communication (organisation de tables rondes, d’interviews
avec la presse)
-
Le
projet cible 5 régions : Nouakchott, Trarza, Gorgol, Dakhlet Nouadhibou et
Tiris Zemmour.
2.2. Le Département Femmes de la CISL a accordé un financement pour un Programme
d’Action portant sur le recrutement et la syndicalisation des femmes dans le
secteur formel et celui de l’économie informelle pour l’année 2004,
reconductible si les résultats sont probants.
Les
activités retenues dans le cadre de ce Programme d’Action consistent à :
-
une campagne de sensibilisation dans 7 régions : Hodh EL Charghi, Hodh El
Gharbi, Assaba, Guidimaka, Tagant, Brakna et Adrar.
-
la mise en place, simultanément à la sensibilisation, de structures
sectorielles et régionales des femmes.
L’objectif recherche en dernier ressort à travers ce Programme d’Action est
la tenue de la 1ere conférence nationale des femmes qui permettra, en plus
de disposer d’organes démocratiquement élus, d’approuver les textes
fondamentaux et d’élaborer une stratégie pour le Mouvement National des
Femmes Travailleuses de la CGTM.
Ainsi, ces deux projets qui se complètent tant en terme de champs d’action
que de contenu des activités permettront, à terme, à la CGTM de gérer plus
convenablement la question de genre et de se renforcer en conséquence sur le
plan organisationnel.
Conclusion
Je
suis convaincu que ma participation à ce cours constituera un plus pour mon
organisation et aidera en conséquence à relever les défis organisationnels
auxquels elle est confrontés.
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