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Rapport sous régional (Maghreb)

 


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RAPPORT SOUS REGIONAL ALGERIE (UGTA), MAROC (CDT),

MAURITANIE (CGTM), DJIBOUTI (UDT)

 COURS A1-00215 DU 04 AU 30 AVRIL 2004 CIF-OIT TURIN

 

 


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INTRODUCTION

 

Le rapport sous régional ci après concerne les pays du Maghreb à savoir : l'Algérie, le Maroc, la Mauritanie ainsi que Djibouti. L'objectif étant de mettre en exergue les aspects communs à ces régions, sans omettre les particularités de chacun, et ce, sur les volets suivants :

 

 

1- CONTEXTES NATIONAUX

 

1.1 Situation politique

Le problème récurent à tous les pays de la sous région, excepté l'Algérie, est l'absence d'une démocratie réelle et ce, malgré un pluralisme politique reconnu par les constitutions. Cette absence se caractérise par l inféodation du pouvoir judiciaire et du pouvoir législatif au pouvoir exécutif. Cela se traduit souvent par la non application des textes en vigueur et le non respect des institutions.

Ainsi, sans être exhaustif, nous pensons que les principales caractéristiques de ces pays se traduisent par :

  • Des processus électoraux biaisés ;

  • Une réelle crise de confiance entre le pouvoir politique et les populations ;

  • Une floraison de partis politiques qui dilue l'action politique, surtout en l'absence d'unité d'action ;

  • La montée d'un intégrisme religieux à l'exception de Djibouti ;

  • Une exploitation de l'ignorance des populations par les religieux et les politiques ;

  • Un terrorisme religieux en Algérie ;

  • Une population très jeune.

  

1.2 SITUATION ÉCONOMIQUE

 

Sur le plan économique, on peut dire que les quatre pays de la sous région font face à une situation de mondialisation caractérisée par une course effrénée vers un marché de libre-échange où les protections sociales s'effritent. Les difficultés que rencontrent ces pays sont en général :

  • Un chômage persistant et qui devient même endémique ;

  • Un impact négatif des plans d'ajustement structurel responsables de fermetures d'usines, de pertes d'emplois, de gèle des recrutements dans la fonction publique ;

  • Un important taux de pauvreté ;

  • Des privatisations tout azimut dans les quatre pays et des accords, de pêche avec l'U E pour la Mauritanie et de libre échange avec les USA pour le Maroc, conclus sans la consultation des partenaires sociaux. Ceci a conduit les pays de la sous région, inévitablement, à une situation économique précaire.

1.3 SITUATION SOCIALE

 

  • La précarité de la situation économique des populations de ces pays, qui est due en grande partie à l'inadéquation des politiques économiques adoptées par les gouvernements par rapport aux contextes de leurs pays, mais aussi aggravée par les recettes des Institutions Financières Internationales, a engendré une situation sociale marquée par la détresse des populations.

  • Sans être exhaustifs, les éléments caractéristiques de la situation sociale dans ces pays sont :

  • Des taux de chômage et d'analphabétisme élevés, avec la situation préoccupante et spécifique à Djibouti où les avancements sont gelés depuis 13 ans et le retard de paiement des salaires perdure depuis 1995 ;

  • L'absence de protection sociale adéquate caractérisée par l'effondrement des Caisses Nationales de Sécurité Sociale et de Retraite, résultat d'escroqueries avérées, de baisse des cotisants…etc ;

  • Des systèmes d'enseignement défaillants voire sinistrés (Insuffisance d'infrastructures adéquates, manque de supports pédagogiques, enseignants mal formés, statuts des enseignants peu valorisants, fuite des compétences à Djibouti) ;

  • Une situation des femmes toujours avilissante dans les pays de la sous-région, plus particulièrement en Algérie où le code de la famille reste un instrument d'oppression des femmes. L'élaboration de nouveaux codes de la famille (Djibouti, Maroc et Mauritanie), apporte une vision révolutionnaire par rapport à la réalité sociologique de ces pays, mais ces avancées restent, malgré le tapage médiatique, toujours faibles voire insignifiantes au regard des attentes de la femme ;

  • L'égalité des genres qui reste prisonnière d'une pesanteur culturelle marquée par les traditions, les us et les coutumes.

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2. STRUCTURES SYNDICALES

 

Les différentes organisations syndicales des pays de la sous région sont constituées de fédérations et de syndicats professionnels.

Elles sont structurées verticalement et horizontalement :

  • Le Congrès

  • Le Conseil National

  • Le Bureau Exécutif

  • Les Fédérations et Syndicats Professionnels (sectoriels)

  • Les Sections de base provinciales et régionales

3. PRINCIPAUX PROBLEMES LIES A L'ORGANISATION DES TRAVAILLEURS

 

1. Le passage du vent de la démocratie dans les différents pays a eu des retombées positives, notamment avec l'instauration du pluralisme politique et syndical. Mais malgré ces avancées, la pratique du syndicalisme reste un exercice difficile à cause d'une volonté politique non affichée, du fait que les pouvoirs publics s'évertuent à réduire la portée des syndicats pour qu'ils ne deviennent pas des partenaires sociaux incontournables.

Pire encore, à Djibouti la pratique du syndicalisme reste un exercice périlleux voire même risqué.

  

2. La législation du travail n'est pas adaptée au contexte actuelle en Mauritanie et Djibouti, le processus de reforme est en chantier depuis plus de cinq (5) ans. Par contre en Algérie et au Maroc les dispositions réglementaires sont plus ou moins satisfaisantes

 

3. Existence pour le Maghreb d'une structure sous régionale,

l'Union des Syndicats des Travailleurs du Maghreb Arabe (US.T.M.A) regroupant certaines centrales d'Algérie, du Maroc, de la Mauritanie et de la Tunisie, mais qui reste encore léthargique et non efficace.

 

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4. PROGRAMME DE FORMATION ET ACTIVITES D'ORGANISATION

 

A l'exception de l'Algérie où il existe des structures de formation syndicale et du Maroc où des bases de ces structures sont en train d'être mises en œuvre, la Mauritanie et Djibouti souffrent de l'absence d'infrastructures adéquates.

Des programmes de formation ont été élaborés et réalisés au profit des militants de base des pays de la sous région, exception de Djibouti dont les locaux ont été confisques par le pouvoir. Au Maroc un programme stratégique a été élaboré par la Confédération Démocratique du Travail (CDT), dans le cadre de la coopération avec un syndicat espagnol, est en cours de mise en œuvre malgré le manque d'infrastructures appropriées au niveau national et régional. Pour l'Algérie, le programme de formation est soutenu par la Fondation allemande FES (ci-joint copie)

Les programmes réalisés, s'articulaient autour du renforcement des compétences des syndicalistes, dans les différents niveau organisationnels, dans le domaine de l'organisation, de la communication, la législation, les normes internationales et l'approche genre ainsi que sur des thèmes d'actualité tel que la mondialisation ou se rapportant à des secteurs d'activité particuliers.

 

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5. AUTRES ACTIVITES

 

Parallèlement aux activités classiques d'un syndicat, pour les quatre pays, d'autres activités ont été menées. Celles-ci ont trait en général à l'initiation, la participation ou le soutient de toute action qui a pour objectif le renforcement des libertés ou de la démocratie. Nous en citons ci-dessous quelques exemples :

 

  • Syndicalisation et implantation de structures de femmes à tous les niveaux organisationnels des syndicats à l'exception de Djibouti ou le problème est celui de reconnaissance du syndicat en tant que partenaire social.

  • Campagne contre le VIH/SIDA en Algérie, au Maroc et en Mauritanie ;

  • Campagne nationale contre le harcèlement sexuel en milieu professionnel Algérie ;

  • Campagne de Syndicalisation " les syndicats pour les femmes et les femmes pour les syndicats, appuyée par la CISL et le syndicat Canadien C.T.C, en cours en Algérie, et en Mauritanie.

  • Solidarité avec les sinistres du séisme du 21 Mai Algérie.

  • Lobiing avec la société civile, pour l abrogation du code de famille Algérie ;

  • Projet de " Renforcement des Capacités Syndicales des Femmes pour la Réduction des disparités de genre dans une perspective de développement humain durable " en Mauritanie en collaboration avec le Syndicat Libéral de Belgique et le Mouvement pour la Solidarité Internationale (CGSLB/MSI)

  • Participation active des syndicats marocains à l'amélioration de la condition de la femme en général et l'amélioration du code de la famille.

  • Participation au Maroc à la lutte contre l'accord de libre échange avec les USA.

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6. L'IMPACT DE LA MONDIALISATION ET ACTIONS DES SYNDICATS

 

L'effet de la mondialisation sur les populations de cette sous région, consiste essentiellement en l'augmentation des écarts économiques dans les pays qui connaissent déjà une situation catastrophique.

Sur les syndicats cet impact s'est traduit, depuis les PAS du FMI et de la BM, par :

  • Des pertes d'emplois

  • Un gèle de recrutement dans la fonction publique

  • Un gèle des carrières

  • La chute du taux de syndicalisation

  • L'explosion du secteur informel que les syndicats des travailleurs n'arrivent pas encore à intégrer, encore moins à pouvoir prendre en charge les " réfugiés " dans ce secteur ;

  • Début d'instauration des zones franches d'exportation avec la menace sur la protection sociale des travailleurs.

Face à cette menace mondialisée, les syndicats ont le devoir de :

Se doter d'une vision globale sur les secteurs d'activités qui seront touchés, à cours et moyen terme, par les effets de la mondialisation et définir un plan d'action stratégique ;

Militer pour qu'ils soient impliqués dans tout processus de réforme et dans tout secteur pour défendre au mieux les intérêts des populations et des travailleurs ;

Assurer un meilleur encadrement des travailleurs afin qu'ils élaborent eux-mêmes et proposent des solutions alternatives et/ou palliatives aux effets négatifs.

Promouvoir d'avantage la coopération syndicale nationale, sous-régionale et internationale pour qu'un code de déontologie soit mis en place, afin cadrer le processus de mondialisation.

 

NB : Pour plus d'informations sur la situation dans chacun des pays de la sous région, se reporter aux rapports nationaux disponibles aussi sur le site :

http://www.itcilo.org/actrav

 

 

Turin, avril 2004

Saada Rahmani UGTA Algérie

Nadia Soubat CDT Maroc

Aly Moctar BA CGTM Mauritanie

Abdillillahi Farah UDT Djibouti

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Dernière modification : 26 août 2007