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A
Monsieur le Ministre de
l’Emploi, de l’Insertion et de la Formation Professionnelle à Nouakchott
Objet :
Remarques et suggestions à propos de la situation syndicale
Monsieur le Ministre,
Faisant
suite à la rencontre que vous aviez bien voulue m’accorder le jeudi 30 août
2007, rencontre au cours de laquelle j’avais commencé à évoquer avec vous
certaines questions qui préoccupent le mouvement syndical dans notre pays,
j’ai l’honneur et le grand plaisir de vous transmettre mes remarques et
suggestions sur certains aspects Il s’agit :
- de la
caractérisation de la situation sociale en général et du monde du travail en
particulier,
-des difficultés que
rencontrent les organisations des travailleurs dans l’application des textes
et des règlements en vigueur
-et enfin de
l’impérieuse nécessité de développer et de renforcer le dialogue social dans
notre pays.
Il existe
bien entendu beaucoup d’autres questions qui méritent d’être abordées dans
ce cadre, mais si j’ai choisi celles-ci en priorité, c’est bien par ce
qu’elles semblent être pour le moment les plus essentielles.
Pour chacune
de ces questions, ma démarche consistera à faire dans un premier temps un
état des lieux, ne serait ce que de manière sommaire, puis à formuler dans
un deuxième temps des mesures ou des solutions à préconiser.
1-) Eléments
caractéristiques de la situation sociale dans notre pays
1-1
Etat des lieux
Il peut être résumé en
ces termes:
-l’indice de pauvreté
caracole autour des 47% ;
-le taux de chômage,
selon le recensement effectué en 2002 à propos de l’enquête sur les ménages,
est de 34%, chiffre que nos organisations contestent bien évidemment parce
qu’il ne correspond pas à la réalité ; ce taux est nettement supérieur
-nos salaires sont parmi
les plus bas de la sous région, de plus frappés d’impôts exorbitants et non
justifiés ;
-nous sommes au début du
mois béni de Ramadan et nous assistons à une flambée des prix des denrées
de première nécessité que personne ne semble apparemment être en mesure de
juguler ou d’arrêter,
-nous assistons
également et de manière plus générale à une dégradation du pouvoir d’achat
des travailleurs de toutes les catégories ; il suffit, pour s’en rendre
compte, de jeter un regard sur les conditions de vie des populations à
propos de la nourriture, du logement, de soins de santé et d’éducation des
enfants etc.
1-2
Mesure préconisée
Notre centrale préconise
la convocation par le gouvernement des états généraux concernant la
situation sociale dans notre pays, où seront conviés toutes institutions
nationales et internationales impliquées, les partenaires sociaux et la
société civile, afin de débattre de manière approfondie des questions posées
dans tous leurs aspects, de chercher des solutions consensuelles et
réalisables pour nous permettre de sortir de la situation difficile dans
laquelle nous nous trouvons.
2-) Difficultés que
rencontrent les organisations des travailleurs dans l’application des textes
et des règlements en vigueur dans notre pays
2-1 Etat des lieux
Qu’il s’agisse des
dispositions à observer pour la sous-traitance, des autorisations préalables
à obtenir pour effectuer les heures supplémentaires, que des procédures et
des démarches à entreprendre pour permettre aux travailleurs d’élire
librement leurs délégués de personnel et leurs représentants aux comités
d’entreprises, etc., les textes réglementaires sont très clairs et très
précis ; là où le bas blesse, c’est que certains responsables
d’entreprises, du secteur privé comme du secteur public, refusent de les
appliquer sans subir une quelconque observation encore moins de sanction de
la part de leurs hiérarchies.
L’administration du
travail, celle là même qui a la charge de veiller à l’application des normes
du travail, ne semble pas avoir les moyens institutionnels et matériels
pour jouer correctement son rôle.
2-2 Mesures à prendre
Notre centrale
recommande le renforcement des capacités de l’administration du travail, la
dotation des inspecteurs du travail de moyens institutionnels et de
fonctionnement leur permettant de faire face à la situation.
Notre centrale fonde
beaucoup d’espoir, avec le nouveau contexte, que des changements
substantiels puissent être apportés sous votre impulsion.
3-) Dialogue social
3-1 Etat des lieux
Avec l’avènement de la
démocratie pluraliste, on comptabilise aujourd’hui 2 centrales syndicales du
patronat, 9 centrales syndicales des travailleurs, une vingtaine de
syndicats autonomes et la tendance va au crescendo.
Chacune de ces
organisations applique ses plans d’actions et ses méthodes d’organisation
sans aucune concertation avec les autres. Il en résulte une cacophonie
indescriptible, une confusion des rôles et une dispersion énorme d’efforts.
3-2 Mesures à prendre
Notre centrale préconise
comme elle l’avait déjà fait depuis plusieurs années ;
- la création des cadres
de concertation aussi bien au niveau des organisations spécifiques des
travailleurs qu’au niveau des partenaires sociaux ; gouvernement,
organisations syndicales des employeurs et organisations syndicales des
travailleurs,
- l’organisation dans
les meilleurs délais des élections générales et sectorielles pour déterminer
la représentativité de chaque syndicat,
-l’adoption du système
Cheek off permettant aux organisations syndicales de pouvoir disposer des
moyens pour le financement de leurs activités sans dépendre constamment des
subventions de l’Etat,
-la mise en place des
mécanismes permettant aux organisations syndicales de participer plus
efficacement à l’élaboration et à la réalisation des programmes de
développement économique et social entrepris par le gouvernement.
Le dialogue social est
par conséquent, dans le contexte actuel de notre pays, une voie
incontournable.
Avec espoir que ces
remarques, observations et suggestions vont contribuer à la recherche des
solutions aux nombreux problèmes qui se posent à notre pays, je vous prie de
croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma considération distinguée.
ABDALLAHI
OULD MOHAMED DIT NAHAH
Secrétaire général de la
CGTM
Ampliations
-Syndicats
professionnels et fédérations
-Coordinations
régionales
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