Qui a brisé la grève
des
dockers-ville de Nouakchott ?
Les
déclarations de la CLTM (diffusées le 06 et le 16 novembre 2002) à propos de la
grève des dockers-ville de Nouakchott, ont créé malaise et confusion au sein de
l’opinion, tant à l’intérieur de notre pays qu’à l’extérieur. En fait, elles
sont dans la droite ligne des actions de désinformation et de démobilisation qui
semblent constituer l’axe central de la stratégie de la CLTM en matière de lutte
syndicale et de relations avec les autres centrales. La CLTM a choisi, une fois
de plus, de s’en prendre à la CGTM, la présentant tout à la fois comme un
syndicat jaune à la solde du patronat et du gouvernement, et comme une
organisation aventuriste entraînant les travailleurs dans des combats
suicidaires.
Pour aider à la découverte de la vérité et
contribuer à une meilleure compréhension des opinions et attitudes des acteurs
concernés, nous souhaitons d’abord replacer les problèmes dans leur véritable
contexte, avant de donner notre point de vue sur le déroulement de la grève des
dockers ainsi que sur certaines autres questions.
1 -
Genèse du conflit des dockers-ville de Nouakchott
Les
dockers sont, dans leur quasi-totalité, d’anciens cultivateurs et bergers qui,
du fait de la dégradation de leurs conditions d’existence, ont fui la campagne
pour chercher des emplois dans les centres urbains. N’ayant ni instruction ni
qualification professionnelle, ils n’ont que leur force de travail à vendre. Les
dockers-ville ne sont pas salariés, mais payés à la tâche, au gré de leurs
utilisateurs. Mais ceci ne fait d’eux ni des moutons se laissant docilement
conduire à l’abattoir ni des extrémistes enragés. C’est un secteur qui, le moins
qu’on puisse dire, est bouillonnant d’activités, et les dockers-ville ont une
expérience certaine de la lutte syndicale, et ont prouvé, par le passé, leur
capacité à soutenir et à conduire avec succès une grève dans des conditions
difficiles. Prétendre, comme le fait la CLTM (déclaration du 16/1102), avoir
arrêté la grève parce que les dockers ville sont inexpérimentés et incapables de
soutenir une action longue n’est pas seulement travestir la vérité, c’est
insulter et leur engagement et leur volonté de lutter pour leurs droits.
Contrairement à l’affirmation de la CLTM, la récente grève des dockers-ville
n’est pas la première du genre. Leur dernière grève générale remonte à septembre
2000. Au cours de celle-ci, les trois centrales UTM, CGTM, et CLTM, s’étaient
concertées et avaient adressé au wali de Nouakchott une plate-forme
revendicative en quatre points :
1- révision du prix de chargement et de
déchargement de la tonne,
2- affiliation à la sécurité sociale,
3- hygiène et sécurité sur les lieux de travail,
4- sécurité de l’emploi.
Le wali avait, à l’époque, donné une suite
rapide à leur requête, en convoquant les différents partenaires à la table des
négociations. Après une semaine d’âpres discussions, et au moment où le
patronat s’apprêtait à faire des concessions, le secrétaire général du syndicat
des dockers affilié à la CLTM adresse une correspondance au wali pour l’informer
qu’il n’était plus disposé à s’asseoir à la même table de négociations que les
représentants de l’UTM et de la CGTM. Aucune explication n’était donnée pour
justifier cette attitude. Le wali prit prétexte de prétendues divergences au
sein des représentants des travailleurs, et refusa de convoquer la commission
pour la poursuite des travaux. Les négociations échouèrent et, la lassitude
aidant, la grève n’aboutit à aucun résultat. Comme quoi les plus faibles et les
plus inaptes à la lutte syndicale (grève ou négociations) ne sont pas souvent
ceux que l’on croit !
Par la suite, le syndicat affilié à la CGTM
a entrepris de multiples démarches pour faire reprendre ces négociations. Mais
le patronat avec, comme c’est souvent malheureusement le cas, la complicité de
l’administration du Travail, leur a systématiquement opposé une fin de
non-recevoir. Devant ce refus obstiné de toute négociation, le syndicat national
des dockers-ville affilié à la CGTM, a déposé, le 16 octobre 2002, auprès du
wali de Nouakchott, un préavis de grève qui n’est que la poursuite de celle
engagée il y a deux ans, et qui en reprenait, à quelques nuances près, la même
plate-forme revendicative.
Malgré les pressions multiples et les actes
d’intimidation (trois militants du syndicat partis sensibilisés leurs camarades
du port de Nouakchott sont interpellés, le même jour, et détenus pendant 24
heures dans les locaux de la brigade maritime ; plus d’une centaine d’autres,
dont Lagdaf Ould Mémou, secrétaire général du syndicat, sont l’objet
d’interpellation, le lendemain), la grève est très largement suivie par les
travailleurs : 80% selon les estimations des autorités,- 90 % selon les nôtres.
C’est une journée plus tard, le 21 octobre,
que le syndicat des dockers-ville affilié à la CLTM décide de se joindre au
mouvement de grève, en y apportant la marque habituelle de sa centrale ; non le
souci de l’amélioration des conditions de travail des dockers, mais le
dénigrement de la CGTM. La CLTM s’installe d’emblée dans une attitude de
rivalité absurde faite d’initiatives mesquines et d’actions négatives et
improductives, contraires à la déontologie syndicale. La CLTM, au cours de cette
grève, semble n’avoir eu qu’une seule ambition : saboter toute initiative de
la CGTM, et ternir systématiquement son image (improvisation de meetings à
chaque fois que la CGTM en annonçait un, menaces, provocations répétées
jusqu’aux portes de notre siège, en dépit de nombreux rappels à l’ordre et mises
au point). Tant d’acharnement contre une centrale syndicale dont on clame
partout qu’elle contrôle à peine 10% de l’effectif des dockers ville de
Nouakchott a de quoi étonner.
Le 05 novembre 2002, la CLTM convoque un
meeting au cours duquel son secrétaire général annonce la décision de sa
centrale de mettre fin à la grève des dockers ville de Nouakchott, après avoir
obtenu selon lui, la satisfaction de certaines de leurs revendications :
l’augmentation de leurs salaires de 66% et la réduction de l’ITS annoncée par le
Président de la République, le 05 novembre 2002, dans son allocution à
l’occasion du démarrage du mois béni du Ramadan. Décision inopportune et non
justifiée, qui a contribué largement à la démobilisation des dockers (nous y
reviendrons).
2 - Les contradictions et amalgames dans les
prises de positions de la CLTM
Les déclarations de la CLTM sont truffées de
contradictions et d’amalgames. Nous n’en retiendrons que quelques unes,
l’essentiel des deux déclarations n’étant qu’un fflot de vantardises bouffonnes
et de propos infantiles, indignes de véritables dirigeants syndicalistes :
2.1 - La CLTM parle du déclenchement de la
grève des dockers ville tantôt à partir du 19, tantôt à partir du 20 octobre,
sans préciser ni la date du dépôt du préavis ni auprès de qui ce dépôt a été
fait.
2.2 - La CLTM nous accuse d’avoir déposé
unilatéralement notre préavis de grève pendant que nos deux organisations
opérant dans le secteur étaient en concertation pour l’élaboration d’une
plate-forme commune. Elle semble avoir oublié que la CGTM est une centrale
syndicale souveraine, et qu’elle n’a pas pour habitude d’attendre la permission
d’une autre organisation pour entreprendre les actions qu’elle juge nécessaires
à la défense des intérêts des travailleurs. Par ailleurs, la CGTM n’a pas la
mémoire courte ; l’expérience de la grève des dockers de septembre 2000 et du
lâchage inqualifiable de la CLTM en pleine négociation, lui a appris que la CLTM
était un partenaire peu fiable et que toute action concertée avec elle était une
opération à haut risque.
La seule chose vraiment intéressante dans
l’accusation de la CLTM c’est l’aveu implicite qu’elle renferme. Ce n’est pas
elle qui a initié et dirigé la grève des dockers-ville, elle n’a fait que s’y
joindre, pour ensuite mieux la torpiller. Et cela est conforme à l’histoire et à
la pratique de cette centrale ; la CLTM n’a jamais initié et dirigé une grève.
Dans le meilleur des cas, elle a pris le train en marche
2.3 - Selon les allégations de la CLTM, des
responsables de la CGTM auraient joué le rôle de mercenaires du patronat en
allant à Rosso chercher à recruter des travailleurs dans le but de briser la
grève. Les témoins de cette forfaiture sont nombreux, affirme la CLTM, mais elle
se garde bien d’en citer une seul. La méthode est indigne, mais elle est, hélas,
devenue une seconde nature pour nos amis de la CLTM, qui préfèrent ignorer (mais
peut-être ne le sait-elle pas) qu’il existe une section des dockers ville à
Rosso affiliée à la CGTM, et que cette section a résolument engagé une action de
solidarité avec la grève des dockers ville de Nouakchott.
2.4- Les arguments avancés par la CLTM pour
justifier sa décision de mettre fin à la grève des dockers ville sont quelque
peu contradictoires. La première raison, selon elle, est que les dockers-ville
sont inexpérimentés, d’où la nécessité de ne pas les engager dans des luttes
longues et difficiles, comme l'aurait voulu (toujours selon la CLTM) une CGTM
aventuriste « qui reste un des piliers du système de l’Etat ».
La seconde raison est que
la grève a atteint une part substantielle de ses objectifs avec l’augmentation
des salaires obtenue et la réduction de l’ITS annoncée par le chef de l’Etat.
La première raison
appartient à la veine de la célèbre formule syndicale « il faut savoir arrêter
une grève », qui indique un rapport de forces défavorable aux travailleurs ; la
seconde, au contraire semble montrer que la grève a bouleversé le statu quo, et
obligé le patronat et le gouvernement à faire des concessions jugées acceptables
par les travailleurs. La CLTM, qui n’est pas à une incohérence près, se trouvant
dans l’incapacité de choisir entre les deux termes de l’alternative, les choisit
toutes les deux. Ce qui explique certainement cette conclusion ridicule, mais
qui résume parfaitement la stratégie syndicale permanente de la CLTM : « ces
raisons nous ont amener après analyse à mettre fin à la grève et ce avant que
nos adversaires et détracteurs ne trouvent le moyen de la sapée (sic) ».
Mauvaise foi pathologique ou paranoïa, c’est en tout cas pathétique …
Nous avons montré en quoi
le premier argument était contraire à la réalité, il nous reste à démontrer la
fausseté du second. Dans sa tentative de justifier sa décision de mettre fin à
la grève des dockers ville de Nouakchott –décision annoncée publiquement lors
d’un meeting tenu le 05 octobre 2002 - la CLTM évoque deux acquis importants
(selon elle) : l’augmentation des salaires de 66% décidée, le 04 novembre 2002,
par lettre circulaire le directeur du Port de l’Amitié ; et la décision du
président de la République - annoncée le 05 novembre 2002 - de réduire l’ITS.
-Le meeting de la CLTM s’est déroulé dans
l’après midi du 05 octobre, alors que la déclaration du chef de l’état a été
diffusée au journal télévisé en arabe de 20 heures, le même jour. De deux choses
l’une : ou la CLTM dispose d’un devin ou d’une boule de cristal lui permettant
de connaître les décisions du chef de l’Etat deux à trois heures avant leur
annonce officielle, ou elle a avec le sommet de l’Etat des accointances pour le
moins douteuses. Á trop mentir on finit par se prendre les pieds dans ses
propres affabulations.
Mais le pire, c’est que la CLTM ne ment pas
seulement à elle-même et à l’opinion internationale qu’elle entend prendre à
témoin. Elle ment aux dockers-ville en essayant de leur faire croire que ces
deux acquis satisfont partiellement leurs revendications.
- La circulaire du
directeur du port portant augmentation du prix de manutention de la tonne de 450
à 650UM concerne exclusivement les dockers manutentionnaires du port qui
appartiennent au syndicat des dockers-port, différent de celui des dockers-ville.
Par ailleurs, cette décision prise unilatéralement, sans concertation avec les
représentants des travailleurs, ne peut pas être considérée comme le fruit d’une
lutte syndicale. Son objectif premier était de couper l’herbe aux pieds des
dockers port, afin d’éviter tout effet de contagion. Avec le soutien empressé de
la CLTM, cet objectif a été atteint, au-delà des souhaits de la direction du
port.
- La réduction de l’ITS s’adresse aux
travailleurs salariés ; or, comme nous l’avons dit, les dockers-ville ne sont
pas salariés mais rémunérés à la tâche. La suppression de l’ITS, qui pénalise
injustement tous les travailleurs salariés en Mauritanie, est une revendication
plus vieille que la CLTM. La présenter comme une exigence exclusive d’une
centrale ou d’un syndicat relève ou de la malhonnêteté intellectuelle ou de
l’étroitesse syndicale.
La décision de la CLTM de
mettre fin à la grève a, de ce fait, été prise sans qu’aucune des revendications
figurant dans la plate forme des dockers-ville ait connu un début de
satisfaction. Elle n’aura donc apporté aucune amélioration à leur situation,
mais, tout au contraire - nous le répétons - n’aura servi qu’à briser leur
grève.
3 - Les unités d’action
syndicales et le rôle joué par la CLTM
Dans sa déclaration du 16
novembre, la CLTM dit regretter l’inexistence de lien entre les trois
centrales : UTM, CGTM, et CLTM. Et elle ajoute que cette situation découle de
l’inféodation de l’UTM et de la CGTM à l’Etat. La CLTM est évidemment libre de
nous qualifier de syndicat jaune et de s’autoproclamer gardienne de l’orthodoxie
syndicale. Mais elle n’a pas le droit de mentir ou d’omettre des vérités qui
dérangent l’image qu’elle veut donner d’elle-même. Il a bel et bien existé entre
les trois centrale des concertations et des actions communes, qui se sont pour
la plupart conclues soit par des manquements à la parole donnée, soit par la
trahison. Nous en évoquerons quelques unes, à titre d’illustration :
3.1 - Au mois de
novembre 1998, sur initiative de la CGTM, une rencontre a regroupé la CGTM, la
CLTM, le Syndicat Autonome des Dockers Port de Nouakchott, le Syndicat Autonome
de l’Enseignement Fondamental et le Syndicat Autonome de l’Enseignement
Secondaire. L’objectif était d’une part, de définir une plate-forme commune, et
d’autre part, de mettre sur pied un comité de coordination pour piloter les
actions qui seraient retenues. Les réunions, qui se sont tenues au siège de la
CGTM, ont duré plusieurs jours. Un accord a été réalisé sur 13 points* ; sur le
14e point , relatif au chômage dans notre pays, des
divergences sont apparues, en particulier entre la CLTM et la CGTM. La CLTM
exigeait qu’on fasse ressortir dans le document le principe la préférence
nationale en matière d’emploi ; la CGTM était opposée à toute discrimination.
Les autres participants proposèrent de suspendre le débat sur cette question et
de continuer la concertation, d’autant plus que la rencontre a déjà engrangé des
acquis importants. La CLTM rétorqua que son point de vue n’est pas négociable.
Devant le refus des autres participants de céder à son chantage, elle décida de
se retirer, et la concertation finira sur un échec.
Á peine deux mois plus tard, la CLTM reçoit
la visite d’une délégation de la CSA, de Saint Louis. Dans le communiqué final
de la rencontre, la CLTM s’engage à défendre les intérêts de travailleurs
étrangers en Mauritanie (changement d’attitude ou hypocrisie, allez savoir).
3.2 - Á Zouérate, les
trois organisations l’UTM, la CGTM et la CLTM signent, le 07 mars 2000, une
plate-forme concernant la sous-traitance à la SNIM. Face à l’entêtement du
patron à ne pas négocier et au refus de l’inspection du Travail de convoquer
les parties concernées, les trois organisations syndicales conviennent de lancer
une grève de protestation, au cours du mois de mai. La CLTM trahit ses
engagements, en rendant publique une déclaration dans laquelle elle s’en prenait
à la CGTM qu’elle accusait d’avoir entraîné les travailleurs dans une action
illégale. La CGTM a maintenu, seule, l’action de grève, qui a été largement
suivie, et qui a permis d’obtenir gain de cause.
3.3 - Á Noudhibou, devant
le refus de la société d'appliquer le repos hebdomadaire de 48 heures décidé par
le gouvernement, les travailleurs de la SNIM décident une grève de protestation,
le 31 mars 2001. Dans un premier temps les dirigeants locaux de la CLTM, se
sont non seulement désolidarisés de l’action, mais comme d’habitude, ont engagé
une campagne de dénigrement des militants de la CGTM. Ces derniers se sont
retrouvés seuls dans l’action. Le mouvement étant largement suivi, les militants
de la CLTM ont fini par rejoindre les rangs ; ils ont d’ailleurs, lors des
manifestations du 1er mai 2001, défilé en masse sous la bannière de
la CGTM.
En conclusion,
L’attitude de la CLTM – son sabotage de la
grève des dockers-ville, ses insultes et ses accusations grotesques, son
infantilisme - n’honore pas le mouvement syndical mauritanien, et constitue un
obstacle à la réalisation de l'unité d'action syndicale. En dernière analyse,
une telle attitude ne sert qu’à couvrir et à justifier l’immobilisme social dont
les principaux responsables sont le patronat et l’Etat :
•
refus du gouvernement de s’acquitter de ses obligations d’arbitre
•
mépris du patronat à l’égard des organisations syndicales
•
décapitation des directions des syndicats de dockers du port de Nouakchott.
Contrairement aux affirmations de la CLTM, les trois centrales se sont
impliquées dans les luttes des travailleurs de ce secteur. Parmi les dirigeants
syndicalistes empêchés de reprendre leur activité professionnelle figurent de
nombreux membres de la CGTM, parmi lesquels Selmou O/ El Hor (n° 126), Samba O/
Beckaye (n° 442), Mouhou O/ M'Bareck (n° 344), pour ne citer que les
dirigeants.
La CGTM est une centrale
syndicale indépendante, dont le fonctionnement et les actions ne sont motivés ni
par des considérations idéologiques ni par des réflexes identitaires. L’un et
les autres sont guidés, exclusivement, par le souci de défendre les intérêts des
travailleurs. Elle considère, que dans le contexte actuel de notre pays, les
organisations des travailleurs ont le devoir, sinon de tout faire pour retrouver
leur unité, au moins de coordonner leur action pour soutenir plus efficacement
les luttes des travailleurs. C’est pourquoi elle en appelle à la sagesse des
dirigeants de la CLTM afin qu’ils modifient dans un sens positif leur attitude,
pour qu’ensemble les deux centrales dépassent les déplorables contradictions qui
les opposent.
Fait à
Nouakchott le 25 novembre 2002
LE COMITE
EXECUTIF DE LA CGTM
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