Débrayage des travailleurs de la Boulangerie à Nouakchott
Ils
sont 611 travailleurs de la Boulangerie à Nouakchott, soient les
97 % de l’effectif total dans cette ville, à observer une grève ordonnée
par le bureau national de leur syndicat depuis le 12 avril 2006.
Le conflit qui oppose
les travailleurs de cette corporation à leur patronat est vieux parce qu’il
date des années 80. Plusieurs accords de conciliation ont été négociés et
signés entre les différentes parties mais qui ont été, à chaque fois violés
par les employeurs, lesquels n’hésitent jamais, et nous pesons bien les
mots, à agir impunément contre la réglementation en vigueur dans notre pays.
La présente action n’est ni plus ni moins qu’une expression de râle bol
général de tous agents de cette branche d’activité qui vivent de leurs
forces de travail.
Dès le déclenchement de
l’action et comme à l’accoutumée dans ce secteur, la police a procédé à des
arrestations des responsables syndicaux : 4 à Dar Naim, 6 à Sebkha, 2 à
Arafat et 2 à Teyarett, sans aucune justification. Certains commissaires de
police ont fini par relâcher les camarades détenus et d’autres ont persisté
dans leur attitude avec autant de sévérité que d’arrogance. Quand la
délégation de la CGTM s’est rendue le jeudi 13 avril à 14 heures au
commissariat de Dar Naim où sont encore détenus depuis plus de 24 heures 2
des responsables du syndicat de la Boulangerie, le commissaire du nom de
Abderrahmane Ould Moctar absent, avait donné des instructions que nos
camarades ne devaient entrer en contact avec personne jusqu’à son retour
prévu le lendemain. Ainsi nos camarades devraient continuer à endurer la
faim, la souffrance et l’isolement arbitrairement pendant au moins 48
heures.
Le préavis adressé par le
secrétaire général du syndicat national des boulangeries au président de la
Fédérations des Boulangeries à Nouakchott en date du 22 février 2006,
présentait une plate-forme en dix points:
-
La délivrance d’un
contrat de travail,
-
la délivrance d’un
bulletin de salaire,
-
l’immatriculation à la
CNSS
-
l’octroi de repos
hebdomadaire et congé annuel,
-
le respect de la
semaine de 40 heures,
-
le payement des heures
supplémentaires,
-
le rappel de toutes les
augmentations octroyées par le Gouvernement,
-
le payement de
l’indemnité de transport,
-
le payement de la prime
de panier,
-
l’application du
nouveau salaire catégoriel décidé par les partenaires sociaux qui prend à
partir du 01/01/05.
La présente action qui
est fondée sur les dispositions prévues à l’article 358 de la loi n°2004/017
du O6 juillet 2004 du nouveau code du Travail ne se réfère qu’à des points
de droit qui devaient être purement et simplement appliqués, mais qui sont
aujourd’hui source de conflits à cause du laxisme, voire de la démission de
l’Administration du Travail
La CGTM, fort de la
justesse et de la légitimité de l’action menée par les travailleurs de la
Boulangerie, leur apporte son soutien et demande à tous ses affiliés de leur
manifester l’aide et la solidarité dont ils ont besoin, en de pareille
circonstance.
Elle demande au
Gouvernement de trouver rapidement une solution à cette crise plutôt que de
faire la sourde oreille et laisser pourrir la situation.
Elle lance un appel à
tous les travailleurs pour soutenir la grève des employés de la Boulangeries
de Nouakchott au nom de la solidarité Syndicale.
Nouakchott le 13 avril
2006
Le Comité exécutif de
la CGTM
|