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Depuis une année, la Société
Egyptienne ARAB CONTRACTORS travaille sur un des tronçons de la route
Nouakchott-Nouadhibou. Pour les besoins de ses chantiers, elle a recruté des
travailleurs mauritaniens, mais aussi a fait venir dans notre pays et
massivement des travailleurs égyptiens, plus de 200 personnes parmi lesquelles
des chauffeurs, des plantons et des gardiens, emplois qui devaient normalement
être occupés par des nationaux.
Cette
société a aussi instauré dans ses bases-vie, au vu et au su de tout le monde,
une sorte de ségrégation comme à l’apartheid, nous pesons bien les mots : les
travailleurs égyptiens habitent dans une porte-cabines équipée d’eau,
d’électricité, de climatisation, d’ameublement de luxe, de télévision et mangent
dans des restaurants propres et bien approvisionnés, alors que les travailleurs
mauritaniens, toutes catégories confondues vivent dans des taudis et se
restaurent dans des gargotes. De plus, comparativement aux travailleurs
égyptiens de même qualification, les travailleurs mauritaniens sont très mal
payés et le paradoxe ne s’arrête pas là.
Le 20
novembre 2003, un employé égyptien du nom d’Imad Abd El Halim frappe à sang un
travailleur mauritanien du nom d’El Hassen Ould Taki. Cela s’est passé devant
tout le monde et les faits sont têtus. Le directeur général de la société M.
Mahmoud Abou El Azm a, par un PV d’accord joint en fac similé.reconnu l’acte
d’agression et présenté ses excuses et son regret à la victime et à ses
camarades.
Le dimanche 12 janvier 2004, Mohamed Amadou Bâ ,
Mauritanien a été victime du même sort par un employé Egyptien du nom de Ragoub
, chauffeur d’une citerne.
Aujourd’hui, dimanche 21 mars 2004 aux environs de 11 heures, au siège de la
société, c’est le tour de M. Samir Tahane directeur financier de la société
d’agresser notre camarade Mohamed Oumar Ould Boushab, opérateur. Au moment où
nous prenons le crayon pour décrire cette situation intolérable, l’agressé est
sous perfusion dans la salle d’urgence de l’hôpital national, alors que
l’agresseur s’est retiré paisiblement dans ses appartements. Trop c’est trop!
Devant la
gravité de cette situation, le camarade Abdallahi Ould Mohamed dit Nahah
secrétaire général a aussitôt saisi Madame la Ministre de la Fonction Publique
et de l’Emploi pour l’informer de la situation et a convoqué les membres du
Comité Exécutif de la CGTM selon les procédures d’urgences.
Le Comité
Exécutif a mené rapidement des enquêtes et il est arrivé au constat que de
pareilles agressions se sont répétées plusieurs fois.
Il demande en conséquence :
1)-que la société ARAB CONTRACTORS mette fin
définitivement aux agressions que ses responsables commettent à l’endroit de nos
compatriotes ;
2)-que Mr
Samir Tahane soit, après avoir payé les réparations et dommages subis par notre
camarade, expulsé purement et simplement du territoire national ;
3)-que le
gouvernement intervienne rapidement pour mettre de l’ordre dans le recrutement
des travailleurs par cette société ainsi que les conditions d’hébergement dans
les bases-vie.
Le Comité
Exécutif de la CGTM demande aux travailleurs de la société, de garder le sens de
mesure en s’abstenant d’engager des actions qui pourraient compromettre le
règlement des problèmes par les vertus du dialogue et de la concertation.
Nouakchott le 21 mars 2004
Le comité exécutif de la CGTM
Le Syndicat National de
l’Infrastructure suit avec préoccupation la situation sociale qui prévaut
actuellement sur le chantier d’Arab Contractors sur la route Nouadhibou –
Nouakchott dont les travailleurs sont affiliés à la CGTM.
Devant cette situation
déplorable, les travailleurs ont déclenché une grève le 28/10/03.
Le 30/10/2003 Monsieur
Camara Inthié Inspecteur du travail chargé de la route Nouakchott –
Nouadhibou, accompagné par Monsieur Camara Harane Secrétaire Général chargé
des affaires sociales au niveau du Bureau national de l’infra, se sont
rendus sur le chantier d’Arab Contractors d’où un procès-verbal de
conciliation de seize points a été signé entre les deux parties, nous nous
contenterons de vous citer certains points :
-
tous les travailleurs
doivent obtenir la copie de leurs contrats de travail
-
tous les travailleurs
doivent être assurés à la CNSS
-
les délégués du
personnel auront accès librement à la Direction de l’Entreprise, avec le
Directeur du Projet et au besoin avec le Directeur Général
-
égalité de traitement
de l’ensemble des travailleurs mauritaniens et égyptiens
-
interdiction de
licencier sans motif les travailleurs
Malgré, la signature de
ce PV de conciliation de l’application duquel résulterait la solution juste
à ces problèmes déjà évoqués, les travailleurs ont pu constater que Monsieur
Imad Abd El Halim a frappé le cuisinier El Hassen Ould Taki pour la
quatrième fois consécutive.
C’est pourquoi une
mission a été effectuée les 6 et 7 /12/2003 et a pu se rendre compte des
faits suivants :
-
le non respect du PV
de conciliation
-
des licenciements
abusifs
-
des demandes
d’explication, des mises à pied seulement pour les travailleurs
mauritaniens
-
pire encore les
licenciements délégués sans autorisation de l’Inspecteur du Travail
-
violation des
dispositions réglementaires en vigueur dans notre pays
-
ce qui choque de plus
ces travailleurs, c’est les propos humiliants tenus par Monsieur Mahmoud
Aboul El Azem le Directeur Général d’Arab Contractors à l’encontre de
notre Administration.
Le Syndicat National de
l’Infrastructure exige le règlement rapide de conflit.
Et lance un appel à tous
les travailleurs d’apporter leur soutien moral à leurs camarades d’Arab
Contractors..
Bureau National de l’Infrastructure
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