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Confédération générale des travailleurs de Mauritanie

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Le 8 mars et les femmes de la CGTM

 


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CGTM

Comité National Provisoire Des Femmes

 

La Fête du 8 Mars

 

I. Historique:

La fête du 8, Mars est instituée par Clara ZetKin née Clara Essner, militante. Après huit années d'exil en Suisse, et dès son retour dans son pays natal, en 1901, elle prit part à l'organisation de la 1 ère conférence internationale des femmes. En 1910, à Copenhague, lors d'une conférence des femmes socialistes, elle proposa une résolution pour que le 8 Mars soit la journée internationale de la femme. Ceci à la suite d'une lutte des femmes ouvrières d'une usine de textiles en Russie marquée par une grève qui a mobilisé l'usine et qui a été réprimée violemment par les forces de l'ordre, provoquant un élan de solidarité internationale particulièrement en Europe, par une descente dans la rue des femmes brandissant leurs revendications qui sont :

-          des crèches pour les enfants;

-          la prise, en charge sociale;

-          l'augmentation des salaires;

-          prime de risque.

Ceci coûtera la vie à certaines d'entre elles.

Encouragée par cet élan de lutte Clara ZetKin mène une campagne internationale, épaulée par son amie Rosa Luxemburg, pour que cette journée soit retenue comme journée internationale de la femme, pour commémorer la lutte des femmes posant leurs revendications.

 

II. Au plan international

Depuis sa création en 1919, l'Organisation International du Travail (OTT) a adopté des normes internationales pour remédier aux conditions de travail. Ces nonnes revêtent la forme de conventions et recommandations.

Ainsi plus de 180 conventions et de 185 recommandations ont été adoptées, parmi lesquelles 8 conventions fondamentales, dont certaines concernent les travailleuses :

-          la convention 100 sur l'égalité de rémunération adoptée le 29/06/195 et entrée en vigueur le 23.05.1953;

-          la convention 111 concernant la discrimination (emploi et profession), adoptée en 1958 et mise en application le 15.06.1960 à Genève.

-          la 156 convention sur les travailleurs ayant des responsabilités familiales adoptée en 1981 (le 23.06.1981), entrée en vigueur le 11.08.1983.

-          la convention 103 sur la protection de la maternité adoptée le 26.06.1952, révisée en 2000 par la convention n° 83 adoptée et entrée en vigueur le 26/06/90.

-          le protocole 89 de 1990 relatifs à la convention sur le travail de nuit.

 Pour renforcer l'action de TOIT, les syndicats libres se sont regroupés dans une organisation internationale dénommée Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) à Bruxelles pour mener et défendre à travers le monde entier les intérêts des travailleurs en général et en particulier les femmes et les jeunes.

Face à la mondialisation qui marginalise et foule au pied les intérêts des travailleurs, la CISL a lancé une vaste campagne de sensibilisation pour imposer la voix et le respect des travailleurs surtout à l'OMC et autres bailleurs (Banque Mondiale et FMI etc. .).

Parallèlement à toutes les actions, elle a créé un Comité Mondial des Femmes pour encadrer et organiser les femmes au sein des organisations syndicales.

Depuis le 8 Mars 2002, la CISL a lancé une vaste campagne de recrutement des femmes dans les syndicats, pour accroître le taux d'affiliation, mais aussi rehausser leur présence au niveau des instances de prise de décision.

L'année 2004, la campagne de la CISL et les fédérations syndicales internationales (FSI) a été marquée par plusieurs actions, notamment dans les pays du Maghreb :

-          recrutement des femmes avec pour objectif l'augmentation du taux d'affiliation des femmes à 5%.

-          organisation des travailleuses dans le transport, la CISL lancera cette campagne pour organiser les travailleuses des transports..

-          Trade Union Congres au Royaume Uni ciblera les travailleuses dans les zones franches d'exploitation (ZFE) et dans les usines de textiles.

Cette action s'étalera du 8 Mars au 1er mai et au mois d'Août (Jeux Olympiques d'Athènes).

Sur le plan national, la stratégie du Secrétariat d'Etat à la Condition Féminine a permis l'accroissement du taux de scolarisation des filles et l'intégration des femmes dans tous les secteurs de travail (pêche, électricité, mécanique, femmes d'affaires, topographie, aviation, corps paramilitaires, etc.).

Ce secrétariat, avec la création du Code du Statut Personnel, a permis de garantir quelques droits a la mère, et à l'enfant et leur a accordé certains avantages :

-          fixer les conditions du mariage ;

-          limiter le divorce et garantir les droits après le divorce (logement, subventions et autres protections alloués à la mère et aux enfants par le mari) ;

-          gestion personnelle par la femme de ses biens et la fixation des limites de l'âge du mariage à 18 ans.

-          droit au travail et aux études

-          création des projets générateurs de revenus.

-          accès à la formation professionnelle

-          projet de micro crédit (Nissabank)

-          accès aux postes de responsabilité politique et professionnelle, même si le taux en reste faible.

Ce code, bien qu'outil de défense des droits de la femme, présente certaines lacunes notamment concernant les droits syndicaux des femmes travailleuses, le droit à la pension de décès quel que soit le rang de la femme dans la fonction publique et son application effective.

Le comité provisoire des femmes travailleuses de la CGTM qui peuvent apporter certains amendements positifs et jouer un grand rôle dans sa vulgarisation, regrette énormément le fait qu'il n'a pas été associé à son l'élaboration.

Notre Gouvernement, membre de l'OIT, a ratifié certaines conventions relatives aux femmes, mais la convention 156 n'a pas été ratifiée par la Mauritanie.

Nous saisissons l'occasion du 8 Mars pour lancer un appel au gouvernement mauritanien afin de ratifier cette convention, car nombreuses sont aujourd'hui les femmes chefs de familles qui doivent nécessairement bénéficier de la pension en cas de décès.

A l'instar des autres femmes dans le monde, les femmes travailleuses mauritaniennes célèbrent le 8 mars dans des conditions assez particulières.

Malgré l'augmentation des salaires enregistrés que nous saluons vivement, le pouvoir d'achat reste toujours en baisse face à une flambée des prix des denrées de première nécessité. Dans cette conjoncture économique très difficile dont elle est la première victime, la femme travailleuse est souvent chef de famille face à la dégradation sociale dans le pays (chômage, licenciement abusif, sécurité sociale inadaptée aux conditions de vie actuelles, discriminations...).

La femme travailleuse, victime des traditions, coutumes et charges familiales, du manque d'éducation en matière syndicale, n'est pas impliquée dans le mouvement syndical. Il faut attendre les années 70 pour que les femmes travailleuses prennent conscience du rôle qu'elles doivent jouer dans la promotion de la lutte syndicale et le combat qu'elles doivent mener, pour tailler la place qui leur revient au même titre que son frère l'homme.

L'avènement de la démocratie en Mauritanie et le pluralisme syndical ont permis la création de la première centrale syndicale indépendante : la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie. Le premier souci de cette organisation est l'implication des femmes travailleuses dans l'action syndicale.

Ainsi dès son deuxième congrès en 2001, sur la recommandation de son Internationale, la CISL, un Secrétariat Exécutif chargé des femmes et des jeunes, dirigé par une femme, fût créé. Grâce à cette nouvelle confiance donnée aux femmes syndicalistes de la CGTM, un comité National provisoire a vu le jour en mars 2002.

Les femmes de la CGTM ont pris le devant de la scène syndicale sur le plan national et international par une vaste mobilisation pour la diffusion de programmes d'élargissement de la base syndicale des femmes et par la création des projets générateurs de revenu soutenus par la CISL : 02 projets sont en cours de réalisation:

-          le projet belge pour le renforcement des capacités des femmes travailleuses.

-          le projet CISL pour le recrutement et la syndicalisation des femmes travailleuses sur l'ensemble du territoire national tous deux dirigés par des femmes.

Parmi les résultats importants déjà enregistrés grâce au combat mené par les femmes :

- l'élargissement de la base féminine de plus de 5000 adhésions;

- le renforcement de niveau des cadres féminins aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif;

- la mise en place de prés de 80 comités sectoriels de femmes (formel et informel) sur l'ensemble du territoire national;

- un comité régional dans toutes les régions du pays;

- création d'un centre de formation en NTIC pour les femmes et qui sera inauguré officiellement très prochainement;

- quelques projets de motivation sont en cours d'étude de financement pour les femmes notamment du secteur informel tels que : maraîchage, teinturerie, moulin à grain, prestation service etc.

Une campagne de mobilisation a été lancé depuis 2004 pour célébrer le 8 mars sous les thèmes " Respect des droit des femmes -Le syndicat pour les femmes, les femmes pour le syndicat ", ainsi le comité national des femmes de la CGTM renouvelle cet appel à toutes les femmes sur l'ensemble du territoire à commémorer cette année 2005 massivement les fêtes du 05 et du 08 Mars pour l'éradication de toutes les discriminations à l'égard des femmes et l'application des conventions internationales s'y rapportant ratifiées par la Mauritanie.


 

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Dernière modification : 18 février 2008